L’Intersyndicale de l’Éducation, composée de la FSPE, du SLECG et du SNE, a publié une mise au point importante concernant son préavis de grève et les revendications qui concernent l’ensemble du secteur éducatif guinéen. À travers ce document, les trois structures syndicales entendent informer les enseignants, les autorités et l’opinion publique sur le contexte exact des démarches entreprises et sur les raisons profondes de leur mobilisation. Un préavis de grève qui arrive à son terme le 19 novembre L’Intersyndicale rappelle que le préavis de grève a été déposé le 5 novembre 2025, couvrant dix jours ouvrés.
Les journées non ouvrées les samedis 8 et 15, ainsi que les dimanches 9 et 16 novembre ne sont pas comptabilisées.Les dix jours pris en compte sont :5, 6, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 18 et 19 novembre 2025. Si aucune solution n’est trouvée d’ici le mardi 19 novembre, l’Intersyndicale annonce qu’elle déclenchera une grève générale et illimitée sur tout le territoire national dès le lendemain matin.
Les discussions pourraient se poursuivre, mais aucune suspension du mouvement ne sera envisagée sans signature d’un protocole d’accord favorable aux enseignants. Des revendications transversales touchant les trois sous-secteurs de l’Éducation Contrairement à ce qui circule dans certains discours, l’Intersyndicale précise que ses revendications ne concernent pas uniquement l’enseignement pré-universitaire.
Elles s’étendent à l’ensemble du secteur, regroupant :
MEPU-A : Enseignement Pré-universitaire et Alphabétisation
METFPE : Enseignement Technique, Formation Professionnelle et Emploi
MESRI : Enseignement Supérieur, Recherche Scientifique et Innovation. Parmi les points prioritaires, deux préoccupations majeures sont mises en avant :
1. Le blocage des salaires, qui touche des enseignants appartenant aux trois ministères.
2. Le non-paiement, depuis janvier 2025, des primes de fonction des hauts cadres et responsables déconcentrés, conformément au décret 0269.
Un secteur qui représente près de la moitié des effectifs de la fonction publiqueLe secteur de l’Éducation et de la Formation regroupe 47 % de l’ensemble des agents de l’État :
MEPU-A : 42 % (environ 49 000 enseignants)METFPE :
2 %MESRI : 3 %Pour l’Intersyndicale, l’importance stratégique de ce secteur justifie une attention particulière, d’autant plus que les personnels disposent d’un statut particulier unique, signé en 2006, et actuellement en cours de révision.
Primes de grade : origines, évolution et incompréhensionsL’Intersyndicale revient sur les primes de revalorisation accordées à certains enseignants du MESRI. Celles-ci tirent leur origine d’une initiative introduite en 2015 par le ministre Abdoulaye Yéro Baldé. Écartée à l’époque après une grève dans les universités, la mesure a été réactivée sous la transition du CNRD grâce à la ministre Diaka Sidibé et au SNAESURS. Le processus a abouti à la promulgation du décret D/2024/0027/PRG/CNRD/SSG du 24 janvier 2024, fixant les rémunérations des fonctionnaires titulaires de grades dans les IES, CR et CDI. Cependant, ledit décret n’a pas été appliqué dans son intégralité, ce qui oblige aujourd’hui à faire pression pour une mise en œuvre totale.
L’Intersyndicale précise également que ces primes ne bénéficient qu’à une minorité : recteurs, directeurs d’instituts, doyens, chefs de département, directeurs de programmes et quelques enseignants. D’où, selon elle, la facilité avec laquelle les universités peuvent être fermées, puisque la grande majorité des protestataires sont eux-mêmes des chefs de département. L’Intersyndicale réaffirme ses exigences prioritairesLes trois structures syndicales réitèrent leur engagement pour obtenir .
Le déblocage immédiat des salairesLe paiement des primes de fonction des hauts cadres des trois sous-secteurs
L’engagement des enseignants contractuels à la fonction publiqueLa révision du statut particulier des personnels de l’Éducation
L’Intersyndicale appelle par ailleurs les enseignants du MEPU-A et du METFPE à se réjouir des avancées observées dans l’enseignement supérieur, notamment la hausse de la prime de documentation de 750 000 GNF à 3 000 000 GNF. Une évolution jugée positive et considérée comme un acquis qui doit désormais être étendu aux autres niveaux du système.
« Tous les enseignants préparent des cours, utilisent la craie, effectuent des recherches et se déplacent pour se rendre au travail. Ces avantages doivent être uniformisés », insiste l’Intersyndicale, Michel Pépé Balamou

En conclusion, l’Intersyndicale invite les enseignants de tout le pays à rester soudés et déterminés. Elle réaffirme que la force du corps enseignant réside dans son nombre, et appelle à une mobilisation unie pour obtenir satisfaction.
𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 pour www.gbaikandjamana.org+224 621-519-282



