Situé dans la commune urbaine de Kagbelen, le quartier Tobolon, à la périphérie du Grand Conakry, vit au rythme des secousses de son unique route.

Un tronçon pourtant court, qui relie le rond-point de Kagbelen à ce quartier populaire, mais dont l’état de dégradation transforme chaque déplacement en véritable épreuve pour ses habitants.

Entre nids-de-poule béants, flaques d’eau stagnantes et poussière ou boue selon la saison, la voie affiche un visage désolant malgré son importance dans la desserte locale. Conducteurs de taxis, mototaxis et simples riverains subissent les conséquences de ce laisser-aller.

Rencontré sur place, Mamoudou Diallo, chauffeur de taxi, ne cache pas son désarroi :> « Cette route, on l’emprunte matin et soir. Elle est dans un état lamentable, surtout vers le petit pont où les accidents sont fréquents. Hier encore, deux de mes amis sont tombés là-bas. On demande de l’aide aux autorités, ce pont est dangereux et la route est complètement dégradée, on ne voit plus que les graviers. On souffre tous les jours. Ma moto tombe en panne à cause de cette chaussée. Pourtant, elle était bien construite au départ… »

Son collègue motard, Mamadou Bailo, renchérit avec amertume : « Pour faire court, la route est devenue impraticable. Nous vivons un vrai calvaire. Entre les pneus crevés et les réparations quotidiennes, on ne gagne même plus de quoi vivre. Si on augmente le prix des courses pour compenser, les passagers préfèrent marcher. Et ce petit pont est un piège mortel. Si l’État ne réagit pas vite, on risque encore de perdre des vies. »

Même son de cloche du côté des mères de famille, comme Mme Sako : « Je ne vis ici que depuis quelques mois mais je suis choquée par l’état de cette route. Elle est truffée de nids-de-poule, on patauge dans l’eau en saison de pluies. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide, c’est insupportable. » Chaque jour qui passe alourdit le bilan d’accidents et d’incidents sur ce tronçon stratégique mais délaissé.
Et pourtant, tous le disent : réparer cette route ne demande pas un miracle, juste de la volonté.
À Kagbelen-Tobolon, la population attend que la voix des oubliés finisse enfin par atteindre les oreilles des décideurs.
Ahmadou Djogo pour le www.Gbaikandjamana.org



