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La matinée de ce lundi 8 décembre 2025 a été marquée par de vives tensions à Kankan, où des élèves du lycée Almamy Samory Touré ont empêché ceux du privé de suivre normalement les cours. Selon plusieurs témoignages, un groupe d’élèves s’est dirigé vers le Groupe Scolaire Privé Emmanuel, lançant des pierres contre leurs camarades en pleine séance de classe.

La scène a semé la panique dans l’établissement. Pris de court, les élèves du privé ont réagi face aux jets de projectiles, provoquant de violents affrontements entre les deux groupes.

Lancinet Konaté, élève au Groupe Scolaire Privé Emmanuel, témoigne :
« On était en plein cours quand des élèves sont venus massivement nous jeter des pierres. On ne pouvait pas rester tranquilles sans réagir. Plus d’une vingtaine de personnes sont tombées. On a appelé les militaires, mais ils ont lancé des gaz lacrymogènes. Est-ce que c’est ça être militaire ? Ce sont les élèves en grève qui sont venus. Nous aussi, on a répondu. On ne les connaît pas, ils viennent d’un autre côté. Quand nous, on ne venait pas à l’école, on nous forçait à venir. »

De son côté, Michel Millimouno, autre élève du Groupe Scolaire Privé Emmanuel, explique :
« Nous étions en classe quand on a appris que des élèves du lycée Almamy Samory Touré venaient lancer des pierres. On leur a dit d’attendre si leur but était qu’on sorte, on pouvait sortir parce qu’on est tous une famille. Mais les voir lancer des pierres nous a poussés à sortir pour éviter qu’il y ait plus de blessés. Ce n’est pas normal que les élèves du public arrêtent et que ceux du privé continuent, alors que les sujets d’examen sont les mêmes. »

Selon des sources locales, plus d’une vingtaine de personnes auraient été blessées lors de ces affrontements. L’intervention des forces de sécurité, avec l’usage de gaz lacrymogènes, a finalement permis de disperser les élèves et de ramener un calme précaire dans le secteur.
Cet incident relance le débat sur l’inégalité de traitement entre les établissements publics et privés en période de crise scolaire. Reste désormais à savoir si les écoles privées de Kankan rejoindront le mouvement de grève, au risque de paralyser totalement le système éducatif dans la région.
L’atmosphère demeure tendue au moment où nous meet la situation évolue d’heure en heure.

Kankan — Lamarana Barry pour www.gbaikandjamana.org
Contact : 623 03 08 99



