LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Depuis plusieurs semaines, la Guinée fait face à une crise de carburant sans précédent. À Kankan, la situation s’aggrave de jour en jour, plongeant les habitants de la cité de Nabaya dans un désarroi total.

Entre longues files d’attente dans les stations et flambée des prix au marché noir, les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer.
Notre rédaction s’est rendue sur le terrain pour recueillir les témoignages de ceux qui vivent ce calvaire au quotidien.

Mamadi Kourouma, jeune étudiant et conducteur de taxi-moto, raconte sa détresse :
« Ça fait trois semaines que la crise a commencé, certains disent même que ça dépasse ça. Aujourd’hui, les pompistes privilégient ceux du marché noir. Nous, les conducteurs de taxi-moto, on ne sait plus quoi faire. Ce matin, j’ai voulu acheter cinq litres à la station, mais on ne m’a accordé que deux litres. C’est une façon de nous pousser à corrompre pour avoir du carburant. Les autorités doivent vraiment intervenir, car nous, on préfère travailler honnêtement que de sombrer dans la délinquance. »

Même son de cloche chez Jean Faya Mara, père de famille et conducteur de taxi-moto :
« Notre activité est presque à l’arrêt à cause de la rareté du carburant. Actuellement, un litre se vend à 15 000 FG dans certaines stations, mais au marché noir, il grimpe jusqu’à 25 000 FG. On souffre énormément, et on demande aux autorités d’avoir pitié de nous. Nous avons des familles à nourrir. »

Pour Sory Keïta, la trentaine, la situation devient intenable :
« Je demande au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, de nous aider à sortir de cette crise. Hier, j’ai acheté un litre à 12 000 FG à la station, mais il y a quelques jours, c’était 20 000 FG au marché noir. Même quand il y a du carburant, les motos sont mal servies. »
Alors que les populations s’impatientent, l’incertitude demeure totale sur les causes réelles et la durée de cette pénurie. Les appels au secours se multiplient, mais la réponse tarde à venir.
En attendant, à Kankan comme ailleurs, le carburant est devenu un luxe… et l’espoir, une denrée rare.

Kankan, Lamarana Barry — www.gbaikandjamana.org



