La Guinée a commémoré, vendredi 2 octobre 2026, le 68ᵉ anniversaire de son accession à l’indépendance. À Kankan, la célébration s’est tenue à la place des Martyrs, où autorités locales, citoyens et représentants de différentes composantes de la société se sont retrouvés pour marquer cette date historique.

La cérémonie a notamment été ponctuée par le dépôt de gerbes au pied du monument dédié aux martyrs de la liberté et par des prises de parole rendant hommage aux figures ayant contribué à l’indépendance du pays, proclamée le 2 octobre 1958.
Mais au-delà de la commémoration officielle, un sujet revenait dans les échanges entre les participants : l’absence de défilé.

Pour plusieurs citoyens rencontrés sur les lieux, cette activité, longtemps associée aux festivités du 2 octobre, contribuait à donner une dimension populaire particulière à la fête nationale.
« La cérémonie s’est bien déroulée, mais il manque le défilé. Quand nous étions plus jeunes, c’était un moment très attendu. Il y avait des démonstrations traditionnelles et beaucoup plus d’animation. Aujourd’hui, on vient, on fait un tour et chacun repart chez soi », regrette Mamadi Camara, citoyen de Kankan.

Même sentiment chez Amara Kanté. Selon lui, la suppression du défilé aurait contribué à réduire l’intérêt de certains citoyens pour la cérémonie.
« Les années précédentes, les défilés attiraient beaucoup de personnes qui venaient de différentes localités. Cette année, on constate que certains habitués ne sont pas là. Nous sommes néanmoins heureux de célébrer notre indépendance et nous prions pour le repos de ceux qui nous ont quittés », témoigne-t-il.

Tady Camara, présente elle aussi à la place des Martyrs, dit avoir remarqué une ambiance moins animée que lors des précédentes célébrations.
« Je suis venue participer à la fête, mais je trouve qu’il y a moins de monde et moins d’ambiance. J’espère que lors du prochain anniversaire, la mobilisation sera beaucoup plus importante », souhaite-t-elle.

Pour Samboudjan Condé, le défilé fait partie des habitudes qui ont marqué les célébrations de l’Indépendance à Kankan.
« Depuis notre enfance, nous avons toujours associé le 2 octobre au défilé. Aujourd’hui, cette tradition a perdu de son importance et cela nous déçoit. Il y avait quand même du monde, mais la mobilisation n’était pas comparable à celle des années précédentes. Beaucoup de personnes préfèrent suivre les images des célébrations à Conakry à la télévision », explique-t-il.

Les regrets ne concernent pas uniquement l’aspect festif. Certains petits commerçants installés autour du site espéraient également profiter de la mobilisation liée à la fête nationale.

Aïcha Marega, vendeuse d’aliments, affirme avoir enregistré une activité particulièrement faible au cours de la journée.
« Aujourd’hui, ça ne marche pas. Les vendeuses sont assises et il n’y a pas beaucoup de clients. Je ne sais pas si cela est lié à la situation économique ou au fait que nous sommes vendredi », indique-t-elle.
Pour ces vendeurs, une forte mobilisation lors des cérémonies nationales représente généralement une occasion de réaliser davantage de ventes.

Malgré les critiques relatives à l’absence de défilé et les observations sur la mobilisation, la cérémonie du 68ᵉ anniversaire de l’Indépendance s’est déroulée dans le calme à Kankan. Aucun incident majeur n’a été rapporté durant les activités.
Pour plusieurs citoyens interrogés, la question reste désormais celle de l’avenir du défilé dans les célébrations du 2 octobre à l’intérieur du pays. Ils espèrent notamment voir cette tradition retrouver une place lors des prochaines commémorations.

Kankan Tögnon pour le www.gbaikandjamana.org




