Dans le cadre du projet Ben-So (Pays d’union), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Talking Drum Studio-Guinea (TDS-Guinée), plusieurs initiatives sont engagées pour prévenir les violences communautaires et renforcer la cohésion sociale dans certaines localités de la Haute-Guinée et de la Guinée Forestière, notamment à Kankan, Mandiana, Beyla et Faranah.

Ce projet, qui s’étend sur une période de 15 mois (de novembre 2024 à mai 2026), intervient dans un contexte marqué par la transition en Guinée. Il vise à encourager le dialogue entre les communautés et à prévenir les tensions sociales et religieuses.
Dans cette dynamique, le projet met un accent particulier sur la promotion du dialogue interreligieux et du vivre-ensemble entre les communautés musulmanes et chrétiennes. Les périodes du Ramadan et du Carême chrétien, moments de foi, de purification et de partage, offrent une occasion propice pour promouvoir la tolérance, la compréhension mutuelle et la solidarité entre les différentes confessions religieuses.
C’est dans ce cadre qu’une tribune d’expression populaire s’est tenue ce mercredi 11 mars dans un espace public de la commune urbaine de Kankan. La rencontre a réuni des leaders religieux musulmans et chrétiens, des citoyens ainsi que d’autres acteurs communautaires autour d’un échange ouvert visant à promouvoir la paix, la tolérance et la cohésion sociale.
Au total, quatre tribunes d’expression populaire seront organisées dans les différentes localités ciblées par le projet. Environ 400 participants, dont au moins 50 % de femmes, sont attendus pour prendre part à ces rencontres.

Sory 1 Condé, chef de projet
« Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de nos différentes activités de prévention des conflits. Compte tenu du contexte actuel, il est important d’initier ce type d’échanges, surtout avec la coïncidence du Carême chrétien et du Ramadan musulman.
Nous avons saisi cette occasion pour mettre en avant les valeurs communes que partagent ces deux religions, notamment le dialogue et la tolérance. C’est dans ce cadre que nous avons organisé cette rencontre afin de promouvoir la collaboration et le vivre-ensemble.
Nous avons débuté par Faranah, aujourd’hui nous sommes à Kankan, demain ce sera Mandiana, et nous allons terminer par Beyla.
La Guinée est une famille. Pour cela, nous devons cultiver l’acceptation, le pardon, la paix et le vivre-ensemble. »

Docteur Aly Badara Camara, enseignant-chercheur à l’Université de Kankan et imam à Bordeaux
« Dans la religion musulmane, la cohabitation n’a pas commencé aujourd’hui. Depuis plus de 1 400 ans, les premiers qui ont accueilli et protégé les musulmans au début de la prophétie du prophète Mohammed n’étaient pas musulmans. C’était un chrétien appelé le Négus, en Éthiopie.
La cohabitation existait déjà bien avant la migration du prophète vers Médine. À Médine, il y avait également trois grandes familles juives avec lesquelles il a cohabité en signant des pactes.
La cohabitation entre musulmans et chrétiens n’est donc pas nouvelle et elle n’est pas interdite. Si Dieu voulait que tout le monde soit musulman ou chrétien, il l’aurait fait. Mais il a voulu la diversité religieuse.
Si nous refusons d’accepter cette diversité, c’est nous-mêmes qui allons souffrir. La cohabitation pacifique a toujours existé et doit continuer. »

Beavogui Jeanette, participante
« Je remercie d’abord les organisateurs pour cette initiative. C’est une très bonne chose. Dans nos deux religions, nous parlons d’un seul Dieu. Alors pourquoi devons-nous être divisés ?
Cette journée nous aide à mieux comprendre que nous devons nous aimer et parler de paix. Dieu a créé le monde par amour et nous devons nous accepter tels que nous sommes.
Personne n’a choisi d’être Guinéen, c’est Dieu qui l’a voulu. Donc si nous sommes Guinéens, il faut qu’il y ait la paix.
C’est inutile de se diviser. Nous devons nous unir et prôner l’amour entre les hommes. »

Lamine 1 Kaba, directeur préfectoral de la Jeunesse et des Sports de Kankan
« C’est un sentiment de fierté de prendre part à cette rencontre qui aborde les questions de cohésion sociale à Kankan.
Personne n’a choisi d’être Guinéen. Nous devons donc accepter de vivre ensemble dans la paix, notamment entre chrétiens et musulmans.
La Guinée est un pays laïc où la diversité doit être une richesse et non un obstacle. Nous sommes condamnés à vivre ensemble, parce que Dieu a voulu que nous habitions dans le même pays.
En ma qualité de responsable de la jeunesse, je lance un appel à la paix et à la compréhension mutuelle entre les communautés. »

La série de tribunes d’expression populaire se poursuivra dans les préfectures de Mandiana et Beyla.
À travers ces rencontres, les initiateurs du projet entendent créer des espaces de dialogue entre autorités locales, leaders religieux, jeunes et citoyens afin de rappeler les valeurs communes prônées par les religions et de renforcer la confiance entre les communautés.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 et Mohamed Bangoura pour www.gbaikandjamana.org
+224 621-519-282



