Face aux risques d’accidents auxquels sont exposés les élèves qui empruntent quotidiennement la route nationale, les autorités locales de Yèndè Millimou ont lancé une opération de débroussaillage des abords de la RN2. Une initiative qui mobilise les communautés et suscite l’espoir d’une rentrée scolaire plus sûre.

À Yèndè Millimou, une sous-préfecture située à environ 40 kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou, la rentrée scolaire 2026-2027 est placée sous le signe de la sécurité routière. Dans cette localité traversée par la route nationale RN2, de nombreux élèves se déplacent quotidiennement à pied ou à vélo pour rejoindre leurs établissements scolaires, au prix de risques importants liés à la circulation des véhicules.

Face à cette situation préoccupante, les autorités locales ont pris l’initiative de lancer une vaste opération de débroussaillage des abords de la route nationale, afin de dégager les accotements et de faciliter la circulation des élèves en dehors de la chaussée.
Entamés depuis quelques jours, les travaux bénéficient d’une forte adhésion des populations des villages concernés. Ce samedi 17 octobre 2026, les citoyens de Komah, communément appelé « Conakry », se sont massivement mobilisés, munis de coupe-coupe, pour débarrasser les abords de la route de la végétation envahissante.

Présent sur les lieux, le maire de la commune rurale de Yèndè Millimou, André Sayon Millimouno, a expliqué les motivations de cette initiative et insisté sur la responsabilité collective dans la protection des élèves.
« En tant qu’autorités ou parents d’élèves, nous avons la lourde responsabilité de protéger les jeunes écoliers qui parcourent parfois plusieurs kilomètres le long de la route nationale pour rejoindre leurs établissements respectifs. Nous avions d’abord mené une campagne de sensibilisation, mais nous avons rapidement compris que cela ne suffisait pas. Il fallait passer à l’action », a-t-il expliqué.
Selon lui, le dégagement des accotements permettra aux élèves de disposer de davantage d’espace pour se déplacer sans être obligés de marcher sur la chaussée. Il a également souligné que cette opération présente des avantages pour l’ensemble des usagers de la route, notamment en améliorant la visibilité des conducteurs et en rendant les panneaux de signalisation plus visibles.

Le maire a salué la mobilisation des citoyens et assuré que les travaux se poursuivront dans les différentes localités, de Waltô jusqu’à Yèndè, jusqu’au dégagement complet des abords de la route.
« Nous n’allons pas nous arrêter à mi-chemin. Nous voulons que les élèves puissent circuler en toute sécurité. J’espère que cette année, nous réussirons le pari de zéro accident pour nos élèves. Il ne faut pas toujours tout attendre de l’État : chacun doit apporter sa contribution », a-t-il déclaré, appelant d’autres localités confrontées aux mêmes difficultés à s’inspirer de cette initiative.

Du côté des établissements scolaires, cette opération est accueillie favorablement. Directeur de l’école élémentaire de Héako, Jean Faya Kamano a évoqué les inquiétudes auxquelles les enseignants sont confrontés durant toute l’année scolaire en raison des déplacements quotidiens des élèves sur la route nationale.
« Presque tous mes collègues et moi vivons dans une anxiété permanente durant l’année scolaire. La majeure partie de nos élèves vient de Komah, situé à environ un kilomètre de l’école. Ce qui complique davantage la situation, c’est qu’une longue colline sépare le village de notre établissement, le long de la route nationale. Imaginez ces jeunes écoliers partageant quotidiennement cette route avec les gros porteurs », a-t-il indiqué.
Rappelant que plusieurs accidents s’étaient déjà produits sur cet axe par le passé, le responsable scolaire estime que l’initiative des autorités locales pourrait contribuer à réduire considérablement les risques.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des élèves et l’implication des parents. À l’école, a-t-il précisé, les enseignants sensibilisent régulièrement les enfants aux règles de prudence et responsabilisent parfois les plus grands afin qu’ils accompagnent les plus petits lors des traversées.
Si cette initiative est saluée par les populations et les acteurs de l’éducation, elle intervient dans un contexte marqué par l’absence, pour le moment, des travaux habituels de cantonnage manuel sur les différentes routes nationales de la préfecture de Kissidougou, contrairement aux années précédentes.
En attendant une éventuelle reprise de ces travaux, la mobilisation communautaire engagée à Yèndè Millimou apparaît comme une réponse locale à un problème de sécurité routière qui concerne de nombreuses localités situées le long des grands axes du pays.

Oumar Camara, correspondant à Kissidougou pour www.gbaikandjamana.org




