Depuis près d’un mois, un litige oppose la Commune urbaine de Kissidougou à l’Office Guinéen de Publicité (OGP). Au cœur du différend : le recouvrement des taxes liées à la publicité sur le territoire communal.Selon nos informations, la mairie a engagé une mission de recouvrement sur le terrain.
L’ordre aurait été confié à un agent communal, Pascal, chargé d’assurer la perception des frais publicitaires au nom de la collectivité. Joint par la rédaction de Gbaikandjamana Média ce vendredi 13 février 2026, Ansoumane Mory Mara, président de la Commission juridique, communication et sécurité communale et membre de la délégation spéciale, apporte des précisions sur l’origine du conflit.
« Le problème qui lie la Commune urbaine de Kissidougou et l’Office Guinéen de Publicité ne date pas d’aujourd’hui. La commune s’est rendu compte que l’OGP ne reverse pas ce qu’il doit verser. Selon les dispositions du Code des collectivités révisé, notamment en son article 492, l’ensemble des taxes que la commune doit recouvrer sont énumérées, et la taxe de publicité en fait partie », explique-t-il.
D’après lui, bien que l’OGP procède au recouvrement sur le terrain, aucun reversement significatif n’est effectué au profit de la commune.
« Malheureusement, l’OGP de Kissidougou fait le recouvrement mais ne reverse rien à la commune. Depuis 2021, seule une somme de 9 200 000 francs guinéens a été payée. De 2021 à nos jours, aucun franc n’a été versé. Et même avant 2021, ces paiements n’étaient pas réguliers », affirme-t-il.
La mairie dit avoir multiplié les démarches administratives. Des correspondances auraient été adressées en 2024 à l’ancienne Direction générale de l’OGP, puis au nouveau directeur, M. Camara, sans suite favorable. La Commune indique également avoir saisi le directeur régional basé à Kankan à l’époque, Moussa Fanta Camara, puis la directrice régionale de N’Zérékoré, juridiction dont relève actuellement l’OGP de Kissidougou. Là encore, aucune réponse concrète n’aurait été obtenue.
La divergence porte aussi sur la qualification juridique des montants perçus. L’OGP parle de « redevances publicitaires », tandis que la commune évoque des « taxes de publicité », considérées comme des recettes propres des collectivités locales conformément au Code des collectivités.
« L’important, c’est que les annonceurs paient. Mais le montant qui doit revenir à la commune n’est jamais reversé. On nous parle de difficultés internes et de crises au sein de l’OGP, pendant que la commune, elle, doit assurer ses charges. Face à l’absence d’évolution, nous avons décidé de recouvrer nous-mêmes cette recette », soutient M. Mara.
Pour la mairie, il s’agit avant tout d’un enjeu de gouvernance financière et d’autonomie budgétaire. Les taxes publicitaires constituent, selon les responsables communaux, une source essentielle de financement des services locaux.
De son côté, le directeur préfectoral de l’OGP à Kissidougou, Laba Kourouma, est resté injoignable malgré plusieurs tentatives de contact de notre rédaction. Il n’a pas répondu à nos appels.
Ce bras de fer administratif met en lumière la question sensible de la répartition des compétences et des ressources entre les services déconcentrés de l’État et les collectivités locales.

En attendant une clarification officielle ou une médiation institutionnelle, la tension demeure sur le terrain, avec un double recouvrement qui pourrait créer confusion et incompréhension chez les annonceurs.
Nous y reviendrons !
Alseny Philip Denkè Condé pour le www.gbaikandjamana.org



