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À Kourémalé, la pénurie de carburant semble n’être qu’une façade. L’essence existe bel et bien dans plusieurs stations de la localité, mais les gérants refusent obstinément de servir les engins roulants. Tout au long de la journée, les pompes ne s’ouvrent qu’aux bidons, soigneusement remplis pour être acheminés ensuite — souvent tard dans la nuit — vers le Mali voisin.

Sous le regard impuissant, voire complice, des autorités locales, voitures, motos et tricycles chargés de bidons d’essence franchissent quotidiennement la frontière sans la moindre discrétion. Les gérants de stations, quant à eux, profitent pleinement de la situation, vendant le litre d’essence au même prix que sur le marché noir, voire plus cher.
Dans certaines stations, le bidon de 20 litres se négocie désormais entre 350 000 et 400 000 francs guinéens, un tarif insoutenable pour les citoyens ordinaires. Et le comble : de nos jours, un litre d’essence se revend en cachette à 50 000 francs guinéens sur le marché noir.
Ce trafic de carburant, devenu un véritable business frontalier, s’intensifie de jour en jour, pendant que la population locale, elle, peine à se déplacer ou à travailler.
Face à ce scandale à ciel ouvert, une question brûle toutes les lèvres : jusqu’à quand les autorités laisseront-elles ce commerce illicite asphyxier Kourémalé ?

Ousmane Obb Bangoura pour le www.Gbaikandjamana.org



