Dans le cadre du projet de digitalisation de l’état civil, les autorités guinéennes viennent de franchir une nouvelle étape vers la modernisation administrative. Ce jeudi 31 juillet 2025, l’Agence belge de développement Enabel, en partenariat avec l’Union européenne, a procédé à la remise officielle d’un lot conséquent de matériel informatique et des codes sources du système numérique au ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD).

Zoé Allado-Anka, cheffe du projet pilote, a précisé que la Guinée a désormais « un accès complet au système, aux bases de données sécurisées et aux outils de gestion ». Elle souligne que 80 agents ont déjà été formés dans 10 communes pilotes à Conakry, Kindia et Mamou. Au total, 28 communes bénéficient aujourd’hui de cette initiative, en plus de 11 tribunaux de première instance et de 5 consulats, notamment celui de Bruxelles. Désormais, un Guinéen résidant à l’étranger peut obtenir son extrait d’état civil sans avoir à revenir au pays.

Présent à la cérémonie, Sidy Diallo, vice-président de la délégation spéciale de Mamou, a salué l’initiative :
« Pour nous, cette digitalisation permet non seulement de moderniser les services, mais elle facilite aussi l’accès à des documents comme le certificat de décès, souvent négligé et pourtant essentiel. » Il a également dénoncé les réalités dans certaines localités où les agents municipaux étaient contraints de recourir à des cybers cafés pour délivrer des actes, exposant les données sensibles à des risques importants.

Même satisfaction du côté de Ratoma. Sekou Traoré, président de la délégation spéciale, estime que cette réforme est une véritable révolution administrative :
« C’est un raccourci qui allège les démarches des citoyens. La numérisation va non seulement accélérer les processus, mais renforcer aussi la crédibilité et la fiabilité de l’état civil. »
Avec cette avancée, la Guinée amorce enfin le virage numérique de son administration territoriale. Un changement majeur qui promet de rapprocher les citoyens de leurs droits civils, qu’ils vivent à Conakry, dans les coins les plus reculés du pays, ou à l’étranger.
Ahmadou Djogo pour le www.Gbaikandjamana.org



