La nouvelle s’est répandue comme une onde de choc dans la matinée de ce mercredi 8 avril 2026. Mohamed Bangoura, procureur près le Tribunal de Première Instance de N’Zérékoré, a tragiquement perdu la vie dans un accident de la circulation survenu dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 avril, sur l’axe Mamou–Conakry.

Selon les premières informations recueillies, le magistrat se trouvait à bord d’un véhicule en partance pour Conakry lorsqu’un arbre tombé dans un virage, à une quinzaine de kilomètres de Mamou, aurait provoqué le drame. Le véhicule a violemment percuté l’obstacle. Le choc lui a été fatal. D’autres passagers ont été blessés, mais leurs jours ne seraient pas en danger.

À N’Zérékoré, la disparition du procureur a suscité une vive émotion. Dans les couloirs du palais de justice, chez ses collaborateurs, parmi les auxiliaires de justice, mais aussi dans une partie de l’opinion locale, c’est la consternation qui domine. Beaucoup peinent encore à croire à cette disparition soudaine, tant le magistrat incarnait, depuis sa récente installation, un nouvel élan pour le parquet.
Nommé il y a seulement quelques semaines, Mohamed Bangoura avait commencé à imprimer sa marque dans une juridiction où les attentes sont fortes. Dans une ville souvent confrontée à des enjeux sécuritaires, sociaux et judiciaires sensibles, son arrivée avait nourri un réel espoir chez plusieurs acteurs locaux.

Son discours de fermeté, sa volonté affichée de lutter contre l’impunité et son engagement à rapprocher la justice des citoyens avaient rapidement retenu l’attention. En peu de temps, il s’était imposé comme un visage de renouveau, dans un environnement où la crédibilité de l’institution judiciaire demeure un enjeu majeur.
Mais ce mercredi, à N’Zérékoré, ce n’est plus le temps des projets. C’est celui du deuil.
Dans les rangs de la justice comme dans la ville, nombreux sont ceux qui évoquent un homme de devoir, arraché brutalement à la vie au moment même où il s’apprêtait à donner toute sa mesure. Sa disparition laisse derrière elle un vide profond, à la fois humain et institutionnel.
Au-delà de l’émotion, ce drame ravive également une réalité douloureuse en Guinée : celle de la dangerosité persistante des routes, où chaque trajet peut se transformer en tragédie. Une fois encore, un destin est brisé, une famille est endeuillée, et une institution se retrouve frappée en plein cœur.
À N’Zérékoré, la mort de Mohamed Bangoura ne laisse pas seulement un fauteuil vide au parquet : elle laisse une ville bouleversée, une justice en deuil et un espoir brutalement interrompu.

Moussa Moï Camara pour le www.Gbaikandjamana.org




