Le procès criminel en cours au Tribunal de première instance de Siguiri a connu un nouveau rebondissement ce mardi 7 avril 2026.
Poursuivi pour vente présumée d’armes, association de malfaiteurs et meurtre, l’adjudant-chef Mamadi Kobaya Condé, militaire en service au Camp Diarala de Siguiri, a comparu devant la juridiction criminelle où il a fermement contesté toutes les charges retenues contre lui.
À la barre, le prévenu a livré une longue déclaration pour clamer son innocence. Selon lui, son interpellation remonte à une période où il était en service à Siguiri, avant de se rendre à Conakry dans le cadre d’une mission de son grand frère, pour une affaire liée à l’achat d’une parcelle à Kansonyah, après avoir obtenu une permission de ses supérieurs hiérarchiques.
« J’ai été interpellé sans arme. On m’a demandé où étaient les armes, mais je me suis demandé de quelles armes on parlait. En 17 ans de service, je n’ai jamais été doté d’arme, sauf lors de ma mission à Kidal. Je ne me reproche de rien », a-t-il déclaré devant la cour.
L’adjudant-chef Mamadi Kobaya Condé soutient qu’il a été arrêté à l’aéroport de Conakry par des agents qui lui ont notifié son état d’arrestation avant son transfèrement, avec d’autres personnes, vers Kindia, puis son placement sous mandat de dépôt. Il affirme n’avoir jamais été trouvé en possession d’une arme, ni reçu d’argent en lien avec les faits qui lui sont reprochés.
Toujours à la barre, il a insisté sur son statut de militaire, se présentant comme un “garant de la loi”, et s’est interrogé sur la logique des accusations portées contre lui.
« Comment moi, militaire, je pourrais voir un civil avec une arme sans l’interpeller ? Je n’ai communiqué avec personne, je n’ai reçu aucune somme de qui que ce soit. Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cette affaire », a-t-il martelé.
Le prévenu a également contesté une partie du contenu de sa procédure, affirmant que certains propos consignés dans le dossier ne seraient pas les siens, précisant avoir déjà signalé cela devant le magistrat instructeur.
Concernant ses liens supposés avec Laye Moriba Condé, autre nom cité dans le dossier, Mamadi Kobaya Condé a reconnu l’avoir connu en 2018, expliquant que ce dernier était parfois envoyé au camp par ses parents « pour des corrections ». Toutefois, il nie toute relation criminelle ou financière avec lui.
« Aujourd’hui, cela fait 1 an, 11 mois et 4 jours que je suis en détention. Je n’ai jamais reçu un franc de Laye Moriba et je ne le connais pas dans ce cadre. J’ai la conscience tranquille », a-t-il insisté.
Au terme des débats de cette journée, le juge Mohamed Lamine a décidé de renvoyer l’affaire au mercredi 8 avril 2026 pour la suite des audiences.
Cette nouvelle comparution relance ainsi l’attention autour de ce dossier sensible mêlant armes, grand banditisme présumé et implication supposée d’un militaire en activité.
En attendant la reprise des débats ce Mercredi 8 Avril 2026, la cour devra continuer à démêler les responsabilités dans une affaire qui suscite déjà de vives interrogations au sein de l’opinion.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org




