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Dans certaines sociétés, un paradoxe persistant continue de peser sur la vie des femmes : elles sont admirées pour leur beauté, mais pénalisées à cause de celle-ci. Lorsqu’elles ont des formes généreuses, notamment des fesses voluptueuses, ce qui devrait être une simple caractéristique physique devient, dans le discours social, un frein au mariage.

Ces femmes sont souvent perçues comme des cibles permanentes de drague. Certains hommes redoutent qu’elles soient trop sollicitées et finissent par céder, comme si leur apparence suffisait à remettre en cause leur fidélité, indépendamment de leurs valeurs ou de leur personnalité.
Un autre préjugé largement répandu veut que ces femmes soient difficiles à satisfaire dans l’intimité. Ce mythe, nourri par des fantasmes, alimente des complexes et éloigne des prétendants pourtant sincères, convaincus de ne pas être « à la hauteur ».
À cause de leurs formes, elles sont davantage confrontées aux regards insistants, aux propositions déplacées et parfois à l’approche de profils manipulateurs.
Cette surexposition, qu’elles subissent, est ensuite utilisée pour les discréditer, comme si elles en étaient responsables.
Désirées, mais pas épousées
Dans l’imaginaire collectif, elles sont souvent réduites à des objets sexuels. On les désire, mais on hésite à les épouser.
On les fantasme comme maîtresses, rarement comme épouses légitimes ou mères idéales. Leur corps est jugé incompatible avec l’image de la femme « respectable ».
Trop belles pour être approchées
Paradoxalement, leur beauté les isole parfois.
Beaucoup d’hommes n’osent même pas se positionner, persuadés qu’elles sont inaccessibles ou déjà entourées de prétendants. Pourtant, nombre d’entre elles aspirent simplement à une relation stable, sincère et respectueuse.
Le plus violent reste sans doute celui qui les décrit comme superficielles ou peu intelligentes, uniquement à cause de leur apparence. Une généralisation profondément sexiste qui nie leur humanité.
Le problème n’est pas leur corps, mais le regard que la société projette sur ce corps.
Exclure des femmes du mariage à cause de leurs formes, c’est révéler une contradiction collective : désirer certains corps, tout en refusant de leur accorder le respect, la dignité et la place qu’ils méritent.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



