Dans le district de Somonobouba, situé en bordure du fleuve Djoliba relevant de la Sous Préfecture de Banko, les habitants tirent la sonnette d’alarme sur les conditions alarmantes de leur poste de santé.

Entre manque d’équipements, dégradation des infrastructures et isolement aggravé par l’état de la route, les populations dénoncent un abandon qui met en péril leur accès aux soins.
À Somonobouba, localité relevant de la Sous préfecture de Banko Préfecture Siguiri, la situation du poste de santé préoccupe profondément les habitants.

Balla Kanté, vice-président du district, a exprimé avec gravité les difficultés auxquelles sa communauté est confrontée, notamment dans le domaine sanitaire.
Selon lui, les populations, majoritairement composées de pêcheurs vivant au bord du fleuve Djoliba, ont dû elles-mêmes construire leur poste de santé afin de bénéficier d’un minimum de services médicaux.

Un engagement communautaire salué, mais qui reste insuffisant face à l’ampleur des besoins.
« Nous avons construit nous-mêmes le poste de santé. Nous avons aussi reçu un chef de poste qui fait bien son travail, mais il est seul et nous avons beaucoup de manquements », a déclaré Balla Kanté.
Le constat dressé est accablant : le poste de santé manque de lits d’hospitalisation, de chaises, de toilettes, de clôture et d’équipements de base pour les soins. Le bâtiment, déjà vétuste, est dans un état de dégradation avancée.
Plus grave encore, la structure ne dispose pas d’espace adapté pour les examens élémentaires, notamment les prélèvements sanguins.

Face à cette réalité, les habitants lancent un appel pressant aux autorités pour une intervention rapide.
« Nous demandons au gouvernement de nous venir en aide. Rien ne va au niveau de notre poste de santé », insiste le vice-président du district.

Au-delà du manque d’infrastructures, c’est également l’isolement du district qui inquiète. Lorsqu’un malade doit être évacué vers l’hôpital préfectoral de Siguiri, le parcours devient un véritable chemin de croix.
Avant d’atteindre Siguiri, il faut d’abord passer par Nafadji, en empruntant l’axe Banko–Siguiri, dont l’état est particulièrement dégradé.
En saison des pluies, la situation devient encore plus critique. Les routes deviennent presque impraticables, retardant ou empêchant les évacuations sanitaires.
À cela s’ajoute un autre problème majeur : l’absence d’eau potable.
« Pendant la saison pluvieuse, il n’y a pas d’eau potable ici. C’est le choléra », alerte Balla Kanté.
Pour les habitants de Somonobouba, la visite de la presse dans leur localité représente un espoir : celui de voir enfin leurs souffrances relayées au plus haut niveau et de sortir de l’oubli administratif.
À Somonobouba, l’urgence n’est plus à l’observation, mais à l’action. Dans ce district enclavé où la population a déjà fait sa part en construisant elle-même un poste de santé, l’État est désormais interpellé.
Car laisser perdurer une telle précarité sanitaire, c’est exposer des vies à un danger permanent, surtout à l’approche de la saison des pluies.

De retour de Somonobouba Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



