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Une nouvelle attaque à main armée a été enregistrée dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 novembre à Siguiri. Aux environs de 4 heures du matin, des individus lourdement armés ont pris pour cible une concession située au quartier Hermakônô. Ils ont emporté une somme d’argent dont le montant reste pour l’heure indéterminé. Alertés, les services de sécurité n’ont pu arriver sur les lieux qu’aux environs de 5 heures, alors que les assaillants avaient déjà pris la fuite. Aucun bandit n’a été appréhendé, et heureusement, aucune perte en vie humaine n’a été signalée.

Sur place, la victime, Jean Kpokomou, père de famille et travailleur à la SAG, a accepté de témoigner au micro de notre reporter.
« À peine un mois et 15 jours que nous sommes arrivés dans ce quartier. Nous étions logés vers la prison civile, c’est après la construction d’ici que nous sommes venus. Hier aux environs de 04h12, ma fille, qui se lève souvent vers 4h-5h pour préparer avant qu’on aille à l’église, s’est réveillée. Aujourd’hui, elle sort et voit les bandits armés dans notre cour. Directement elle est retournée dans sa chambre et m’a appelé au téléphone pour me dire : papa, des bandits sont là, mais ils sont armés, sois prudent.
Pendant ce temps, mon épouse et moi nous nous sommes levés pour entrer dans la douche. J’ai réfléchi à ce que je devais faire. Immédiatement, j’ai appelé notre tuteur Seydou à 04h20 parce qu’on était troublés. J’ai dit : Seydou, on a réellement des bandits qui sont rentrés dans notre cour. Il faut nous secourir, appelle directement tes collègues sinon ils vont nous tuer.
Un bandit est venu contrôler les chambres. Après, on entendait des bruits : déjà il était en train de condamner les portes avec des cadenas pour éviter que les gens ne sortent. Ils ont défoncé mes portes à deux battants pour entrer. Ils ont pris mon petit-fils pour lui demander où se trouvait ma chambre et la clé de la moto de ma femme. Ils ont cassé la porte de ma chambre et sont rentrés pendant que nous étions cachés dans la douche.
Ils ont fait descendre les valises pour les fouiller, pensant qu’il y avait de l’argent. Hier j’étais à la banque pour un retrait afin de payer la scolarité et envoyer quelque chose à mes enfants qui sont à Conakry. Ils ont directement pris le sac où se trouvait l’argent, que je n’avais même pas touché. On dirait que ces gens connaissaient la maison. Ils ont aussi pris une montre téléphonique que j’ai achetée à l’extérieur et un téléphone.
C’est à ce moment que les services de sécurité sont arrivés et ont tiré des balles. Les bandits ont escaladé le mur pour s’enfuir. »

Cette attaque, qui s’ajoute à une série d’actes criminels enregistrés dans la zone, ravive les inquiétudes des habitants d’Hermakônô. Pendant que les familles tentent de se réinstaller et de reconstruire leur tranquillité, les malfrats, eux, semblent opérer avec une inquiétante maîtrise du terrain.

Une situation qui interpelle plus que jamais sur le renforcement urgent de la sécurité nocturne dans la commune urbaine de Siguiri.
Siguiri/ Jeanette Traoré pour le www.Gbaikandjamana.org



