La tension monte à nouveau dans la zone frontalière entre la Guinée et le Mali. En cause : un conflit autour d’un site d’exploitation aurifère opposant les localités de Kôlénda (Guinée) et Danka (Mali), qui a tragiquement coûté la vie à un jeune Guinéen originaire de Kôlénda.

Dans une déclaration officielle, la Coordination sous-préfectorale de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), antenne de Doko, dit avoir appris la nouvelle avec « une profonde préoccupation ». Elle déplore une situation qui illustre, une fois de plus, la fragilité des zones minières transfrontalières, souvent marquées par des tensions récurrentes.
Face à ce drame, une mission de la MAOG, conduite par son coordinateur, s’est rendue auprès de la famille endeuillée. L’organisation y a exprimé ses condoléances « les plus attristées » au nom du peuple guinéen et de la communauté de Sèkè, tout en rendant hommage à la mémoire du disparu.
Dans un contexte particulièrement sensible, la société civile appelle à la retenue. Elle exhorte les populations des deux côtés de la frontière à faire preuve de responsabilité et de civisme afin d’éviter toute escalade de violence.
Pour la MAOG, seule une approche fondée sur le dialogue, le respect de la loi et les mécanismes pacifiques peut préserver la stabilité et la cohésion sociale dans cette zone.
Mais au-delà de l’émotion, l’organisation interpelle directement les autorités guinéennes.
Elle insiste sur l’urgence de renforcer les dispositifs sécuritaires dans les zones frontalières, de prévenir les conflits liés à l’exploitation minière et d’assurer une présence effective de l’administration et des forces de sécurité.

La MAOG appelle également à un engagement diplomatique accru avec les autorités maliennes pour une gestion concertée et apaisée de cette crise, dans un esprit de coopération transfrontalière.
Elle met en garde : sans mesures rapides et adaptées, le risque d’embrasement reste « réel et imminent ».
Dans une région où l’or attise autant les convoitises que les tensions, ce nouveau drame rappelle l’urgence d’une gouvernance sécurisée et concertée des ressources minières, au risque de voir les frontières devenir des lignes de fracture plutôt que des espaces de coopération.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



