Un drame conjugal d’une rare violence s’est produit ce mercredi 4 mars 2026 dans la commune urbaine de Siguiri. Un homme aurait grièvement blessé son épouse à l’aide d’un couteau en lui portant un coup à la gorge, avant de tenter de se donner la mort avec la même arme.

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Les deux victimes ont été transportées en urgence à l’hôpital préfectoral de Siguiri, où elles ont immédiatement été prises en charge par l’équipe médicale.
Le médecin lieutenant Abdoulaye Bachir Condé (ABC), du haut commandement de la Gendarmerie nationale, en service à la direction de la justice militaire à l’hôpital préfectoral, revient sur les circonstances de leur admission :« Aujourd’hui, nous étions au service des urgences vers 15 heures. Nous avons entendu des cris, et en même temps un véhicule est arrivé en trombe avec deux personnes, un homme et une femme, tous deux égorgés. Nous n’avons pas cherché à comprendre ce qui s’était passé. Nous les avons immédiatement admis en urgence, installés dans les boxes et mobilisé tous les moyens nécessaires pour leur mise en condition de survie. Notre priorité, ce n’est pas de savoir qui a raison, mais de sauver des vies. »
Selon lui, l’usage d’une arme blanche ne faisait aucun doute.« Nous avons constaté l’utilisation d’un objet tranchant. La femme a été égorgée, tout comme l’homme. Mais la blessure de la femme était plus grave. Grâce au courage et à la cohésion de l’équipe des urgences, nous avons tout mis en œuvre pour la sauver. À l’heure où je vous parle, ils sont tous les deux sauvés. »
La première évacuée a été Mariam Condé, couturière de profession, dont l’état était jugé plus critique à l’arrivée.« Nous avons décidé de l’évacuer en priorité. Au moment de son départ, ses paramètres étaient stabilisés : tension à 13/7, pouls à 100, fréquence respiratoire à 18 cycles par minute, température à 36,6°C. Nous avons préféré poursuivre la prise en charge à Bamako, plus proche de nous que Conakry. »
Son époux présumé, Adama Kamissoko, 33 ans, orpailleur, a également subi une blessure grave au cou. Le médecin précise :« Au niveau du cou, il y a deux conduits essentiels : l’œsophage, situé en arrière, par lequel passent les aliments, et la trachée, en avant, qui permet le passage de l’air vers les poumons. Chez lui, la trachée était sectionnée. Nous avons travaillé pour assurer une ventilation adéquate à l’aide de dispositifs adaptés. Cela a permis de stabiliser sa respiration. »
À son évacuation, ses constantes étaient également rassurantes : tension à 13/9, pouls à 86, fréquence respiratoire à 15 cycles par minute, température à 36,5°C, avec une saturation en oxygène de 98 %.
Une enquête devrait être ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cette tragédie conjugale qui secoue la ville de Siguiri.
En attendant les conclusions des autorités compétentes, ce drame rappelle, une fois de plus, l’urgence de prévenir et de désamorcer les violences au sein des couples avant qu’elles ne basculent dans l’irréparable.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



