Alerté par des plaintes écrites de citoyens faisant état d’une possible pollution de l’eau utilisée par les ménages, le préfet de Siguiri, Seny Silver Camara, a décidé de se rendre personnellement sur le terrain afin de constater les faits.
« Lorsque j’entends les cris des citoyens, mon premier devoir est d’aller vérifier sur place. C’est une question de responsabilité et de garantie », a déclaré l’autorité préfectorale.

C’est dans ce cadre qu’il s’est rendu, ce mardi 13 janvier 2025, sous le pont du fleuve Bafing, accompagné d’une délégation élargie.

Pour ce constat, le préfet a mis à contribution l’ensemble des acteurs concernés : les forces de défense et de sécurité, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Siguiri, les membres du cabinet préfectoral, le directeur préfectoral de la pêche, celui de l’environnement, ainsi que les autorités locales, notamment le bureau du district de Tiguibiri, tous conviés au pied du pont de Bafinda.

Selon le préfet, cette descente collective répond à un principe fondamental :
« Le témoignage d’une seule personne n’est pas suffisant. Il fallait que tout le monde voie et constate. »

Sur place, le constat est unanime : la couleur du fleuve a changé, confirmant l’existence d’une pollution. Toutefois, les techniciens présents ont relativisé le degré de contamination, estimant qu’il n’était pas aussi alarmant que le craignaient certains riverains.

Une analyse qui, malgré les explications fournies, n’a pas totalement rassuré l’autorité préfectorale.
« J’ai posé beaucoup de questions et reçu plusieurs réponses, mais la puissance ne suffit pas sans garantie. Nous devons aller plus loin », a-t-il insisté.

Conscient de la sensibilité du sujet, notamment dans un contexte de zones minières, le préfet a annoncé la tenue prochaine d’une réunion très restreinte avec les cadres de la préfecture, afin d’éviter toute fuite d’informations et de prendre des décisions appropriées.

Il a également instruit le secrétaire général d’inviter le président de la délégation spéciale et le sous-préfet concernés par les localités citées sur le terrain.

Au-delà de la pollution, Seny Silver Camara a élargi son message à la gouvernance locale et à la cohésion sociale. Rappelant la vision du chef de l’État, il a souligné que l’industrialisation du pays ne peut se faire dans le désordre.
« Il ne faut pas attendre qu’un petit problème devienne une montagne. C’est pourquoi je traite même les conflits de quartier, pour maintenir la paix », a-t-il expliqué.
Le préfet dit également s’employer à régler d’anciens contentieux devenus une colère généralisée à Siguiri, avec l’appui des sages de la localité. Son objectif : éradiquer la mentalité de vengeance, qu’il considère comme un frein au développement et à la stabilité.
Dans un appel empreint d’humilité et de responsabilité, le préfet de Siguiri a conclu en lançant un message fort aux populations :
« Je demande pardon, tolérance et vivre-ensemble. C’est ainsi que nous protégerons notre cité, notre environnement et notre paix. »

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



