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Dans une déclaration empreinte d’émotion et de responsabilité, Tidiane Koïta, président des orpailleurs de Siguiri, est sorti de son silence pour réagir aux violents événements survenus ce dimanche 30 décembre 2025 dans la préfecture aurifère.

Face à une population inquiète et une jeunesse en ébullition, il a tenu à clarifier sa position et à apaiser les tensions.
« Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis concerné comme chaque jeune, chaque femme, chaque homme de Siguiri », introduit Koïta. Il rappelle son attachement indéfectible à la ville et au secteur de l’orpaillage : « Rien ne monte, rien ne descend dans l’orpaillage sans que je ne sois concerné. Je suis au milieu de ce combat, car je suis un fils de Siguiri et Dieu sait mon engagement envers cette ville. »
Revenant sur les affrontements récents, il reconnaît la douleur ressentie par toute la population et présente ses excuses à quiconque aurait été offensé par certaines de ses prises de parole. Selon lui, la colère des jeunes découle de plusieurs frustrations bien réelles :
la crise persistante du carburant, qui a renchéri la vie ;
la dégradation des rivières et de l’environnement imputée aux machines d’extraction ;
la réduction des opportunités de travail dans un contexte où la population augmente ;
la demande insistante pour l’implantation d’entreprises minières capables de recruter massivement.
Koïta assure qu’un dialogue franc est déjà engagé entre les autorités, les leaders du secteur aurifère et les représentants de la jeunesse : « Nous avons tendu la main aux autorités pour exposer nos inquiétudes. Le président Mamadi Doumbouya aime Siguiri et ce qu’il a déjà fait pour la préfecture en est la preuve. »
Il annonce des discussions avancées pour réguler l’activité des machines, améliorer le secteur aurifère et accélérer l’arrivée de sociétés minières capables de créer de l’emploi. Il rappelle avec fierté que Siguiri assure à elle seule près de 70 % de la production aurifère artisanale et industrielle du pays, faisant de la préfecture un pilier économique incontournable.
À l’endroit des forces de sécurité, il exprime une doléance claire : la libération des jeunes arrêtés lors des échauffourées, condition, selon lui, « indispensable pour laisser la paix reprendre son cours ».
Dans un ton grave, presque suppliant, Tidiane Koïta conclut :
« Siguiri n’a qu’un seul ennemi : la division. La paix est la seule richesse qui peut faire avancer notre ville. Ce que la paix n’obtient pas, la violence ne l’obtiendra jamais. Acceptons de monter et de descendre ensemble pour le bien de Siguiri. »
Dans une ville où l’or nourrit les espoirs autant qu’il attise les tensions, Tidiane Koïta rappelle une vérité essentielle : sans paix, même l’or perd sa valeur.

Lamarana Barry pour le www.Gbaikandjamana.org



