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Lors de son point de presse ce jeudi 28 août 2025, Ibrahima 1 Camara, procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, a tiré la sonnette d’alarme face à la multiplication des conflits intercommunautaires dans la préfecture.« À Kourouda et Mongnafra, on dirait qu’il n’y a plus de sages. Pourtant, ils existent et font leur travail, mais les gens refusent d’écouter leur parole. J’ai travaillé à Kankan et Mandiana : là-bas, on respecte les sages. Ici, ce n’est pas le cas. Dans le monde entier, l’autorité morale existe et doit être respectée », a-t-il déploré.
Le procureur a également évoqué d’autres foyers de tension, notamment Balato et Silabada, ainsi que Danaya et Saraya, où des litiges fonciers dégénèrent en affrontements violents. « À Danaya et Saraya, quelqu’un gagne un procès et la justice demande du temps pour formaliser la décision, mais il refuse et va s’en prendre à l’autre partie. C’est inacceptable », a-t-il expliqué.

Cette situation contribue à l’explosion du nombre de détenus. « Aujourd’hui, nous avons plus de 100 personnes de Siguiri en prison à Kankan et une trentaine ici. La maison centrale de Siguiri a atteint un niveau jamais vu. Tout ça pour des conflits qui pouvaient être réglés par le dialogue », a alerté le magistrat.
« Les sages doivent retrouver leur autorité, et les citoyens doivent comprendre que la violence ne résout rien. Les prisons ne sont pas la solution pour des querelles qui peuvent être réglées pacifiquement. »
Siguiri : Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org




