À Sèkè Silabada, dans la sous-préfecture de Doko, le président du district, Lanceï Magassouba, tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de l’école primaire d’enseignement général et franco-arabe de Silabada.

Entre manque criant d’enseignants, insuffisance de tables-bancs, latrines inadaptées et absence de collège, les difficultés sont nombreuses.
« Vraiment, à l’école primaire d’enseignement général et franco-arabe de Silabada, ça ne va pas du tout. Nous avons un manque d’enseignants, de tables-bancs, les latrines ne suffisent pas. Sur le plan général, rien ne va », déplore le président du district.

Selon lui, l’établissement fonctionne actuellement avec seulement six enseignants, dont deux titulaires et quatre contractuels communautaires.
Une situation qui oblige les responsables locaux à faire appel à la contribution des parents d’élèves pour maintenir l’école en activité.
« Pour pouvoir payer ces enseignants, nous avons demandé aux parents de verser 2 000 francs guinéens par élève à la fin de chaque mois. Et parfois, le bureau du district complète le reste pour assurer leur paiement », explique Lanceï Magassouba.

À cela s’ajoute un autre problème majeur : les enseignants ne disposent pas de logements sur place, ce qui complique davantage leur disponibilité et leur stabilité au sein de l’établissement.
Malgré toutes ces difficultés, le président du district affirme que son équipe n’est pas restée les bras croisés. Plusieurs initiatives locales ont été engagées pour améliorer le cadre d’apprentissage des élèves.
« Mon équipe et moi avons pris l’initiative de rénover les bâtiments de l’établissement qui étaient délabrés. Nous sommes déjà à la finition d’un autre bâtiment de trois salles de classe. Nous avons aussi clôturé l’établissement et une pompe y est déjà installée », a-t-il précisé.
Mais pour lui, ces efforts communautaires ne suffisent pas face à l’ampleur des besoins. Il lance donc un appel pressant aux autorités éducatives afin qu’elles affectent davantage d’enseignants titulaires dans cette localité.
« Nous demandons aux autorités éducatives de nous aider à trouver des enseignants titulaires, car qui parle d’école parle d’enseignants. Déjà, les enseignants contractuels que nous avons ici ont également un problème de disponibilité », insiste-t-il.
Le président du district va plus loin en réclamant l’ouverture d’un collège à Silabada, afin d’éviter aux élèves de parcourir de longues distances pour poursuivre leurs études.
« L’État n’a qu’à nous aider à avoir un collège à Silabada. Vu le grand nombre d’élèves ici, depuis 2002 jusqu’à nos jours, nos collégiens quittent toujours ici pour aller étudier au collège dans notre sous-préfecture à Doko », regrette-t-il.
À Silabada, l’école tient encore debout grâce à la mobilisation des parents d’élèves et à l’engagement du bureau du district. Mais sans une réponse rapide de l’État, cette structure éducative risque de continuer à évoluer dans la précarité, au détriment de centaines d’enfants.
Dans une localité où la communauté se bat déjà avec ses propres moyens pour sauver l’école, la balle est désormais dans le camp des autorités éducatives.
Car à Silabada, si les bâtiments commencent à renaître, l’avenir des élèves, lui, reste suspendu à l’arrivée d’enseignants titulaires et à la création d’un collège de proximité.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana .org
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