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Le TikTok guinéen, c’est une scène ouverte où tout le monde a un micro… et où plus personne ne vérifie ce qui sort de sa bouche. On y trouve un peu de tout, mais souvent dans sa version la plus caricaturale : des historiens qui réécrivent l’histoire à coups d’anecdotes inventées, des sociologues improvisés qui mènent leurs enquêtes dans les commentaires, des politologues qui confondent analyse et règlement de comptes, des féministes et masculinistes plus occupés à s’attaquer qu’à débattre… et même des imams qui se prennent au jeu du buzz.
Sans oublier les féticheurs qui, eux, savent transformer le live en vitrine commerciale.Et puis il y a le cercle fermé — ou plutôt le cercle infernal — des “ghettos des ghettos” : les insultologues professionnels, diplômés avec mention, et les pervers certifiés, toujours en quête d’audience. Là, l’algorithme ne sert plus à informer ou à divertir, mais à amplifier le pire.Soyons honnêtes : c’est souvent drôle. On rit aux éclats, on partage, on commente.
Mais derrière ce rire, il y a un coût invisible : la banalisation de l’insulte, la propagation de la désinformation, la perte de temps, l’érosion du sens critique. TikTok est une formidable vitrine, mais il est aussi un miroir : il reflète ce que nous sommes… et parfois, ce que nous devenons.

Pourtant, tout n’est pas sombre. Il existe sur TikTok des Guinéens exceptionnels qui créent du contenu utile, créatif, éducatif. Des enseignants qui vulgarisent les sciences, des conteurs qui préservent nos traditions, des humoristes qui font rire sans insulter, des jeunes entrepreneurs qui inspirent. Eux méritent plus de vues, plus de partages, plus de lumière.
Ce sont ces visages-là que nous devons viraliser, pour que nos écrans soient aussi des espaces de fierté nationale.La liberté d’expression n’est pas un permis de nuire.
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Si nous voulons que TikTok soit un espace qui élève plutôt qu’un espace qui rabaisse, il faut repenser notre usage : produire des contenus qui informent, inspirent, éduquent. Parce qu’un pays se construit aussi dans ses écrans.
Le vrai buzz, ce n’est pas d’avoir un million de vues. C’est de semer une idée qui fera grandir un million d’esprits.
PzrySoninké Diané, Citoyen !



