Dans la préfecture de Siguiri, la crise du carburant continue d’alimenter les inquiétudes des populations. À Doko, le président sous-préfectoral de la société civile MAOG, Fodé Nanko Keïta, pointe du doigt les véritables causes de cette pénurie récurrente et dénonce l’existence de réseaux organisés qui alimentent le trafic vers le Mali ainsi que les sites miniers clandestins.

Interrogé sur cette situation, il explique que la crise du carburant dans certaines localités de Siguiri repose sur deux principaux facteurs.
« Par rapport à la crise organisée du carburant dans certaines localités de la préfecture de Siguiri, je peux parler de deux contextes : d’abord, le trafic du carburant vers le pays voisin qu’est le Mali ; ensuite, l’approvisionnement des exploitants clandestins des mines, notamment ceux qui utilisent des machines de type Poclin. C’est cela qui provoque cette crise », a déclaré Fodé Nanko Keïta.
Le responsable de la société civile de Doko a également salué les efforts engagés par la justice, en particulier par le procureur du Tribunal de première instance de Siguiri, Maître Dominique Loua, qu’il félicite pour les actions menées sur le terrain contre les trafiquants.
« Je remercie le procureur du Tribunal de première instance de Siguiri, Maître Dominique Loua, pour le combat qu’il est en train de mener sur le terrain, notamment à travers les saisies de carburant dans la commune urbaine de Siguiri et à la frontière de Kourémalé », a-t-il affirmé.
Selon lui, ces réseaux de trafic privent les citoyens ordinaires de ce produit stratégique au profit d’intérêts mafieux, au détriment des ménages, des transporteurs et des activités économiques locales.
« Ces trafiquants privent les citoyens au profit de leurs propres intérêts. Ils acheminent le carburant vers le Mali et détournent aussi les citernes destinées aux stations-service vers la brousse, là où sont installées des sociétés clandestines, notamment des exploitants chinois », a dénoncé le président sous-préfectoral de la MAOG de Doko.
Fodé Nanko Keïta insiste sur le fait que cette lutte reste particulièrement difficile en raison de la présence de réseaux puissants et structurés.
« La lutte contre le trafic du carburant est une lutte complexe, parce qu’il y a des cartels qui sont impliqués. Nous, en tant que société civile, nous avons mené beaucoup d’activités pour combattre ce phénomène », a-t-il poursuivi.
Il rappelle d’ailleurs que la société civile locale a déjà contribué à plusieurs dénonciations ayant permis de mettre au jour certaines pratiques de détournement de carburant dans la brousse.
« Nous avons même eu à dénoncer des citernes détournées. Au lieu de ravitailler les stations-service, elles prenaient la direction de la brousse pour aller verser du carburant dans les cuves des exploitants clandestins chinois », a-t-il révélé.
À travers cette sortie, Fodé Nanko Keïta relance le débat sur une crise devenue structurelle à Siguiri, où la rareté du carburant semble désormais liée à un système de détournement organisé. Entre exportation frauduleuse vers le Mali et approvisionnement des mines clandestines, la bataille contre ce fléau s’annonce longue.
Pendant que les citoyens peinent à trouver du carburant à la pompe, d’importantes quantités continuent de disparaître dans les circuits parallèles.
À Siguiri, la lutte contre ce trafic n’est plus seulement une question d’économie : elle est devenue un combat pour l’intérêt public, la justice et la souveraineté locale.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamaman.org



