Nous assistons depuis quelques heures, des débats de gauche à droite sur le discours de M. Djiba DIAKITÉ, ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique du projet Simandou, tenu hier mardi à Morebayah.
Tout d’abord, il est impératif de reconnaître que la capacité à délivrer un discours flamboyant ne garantit en rien la compétence professionnelle d’une personne, surtout, un haut cadre de l’État.
La performance oratoire est une compétence en soi, utile pour la communication et la persuasion, mais elle est distincte des aptitudes techniques, analytiques ou managériales requises pour exceller dans une fonction.
Souvent , celui qui maîtrise les figures de rhétorique et le débit soutenu est préféré à l’expert silencieux, dont la valeur réside dans la profondeur de son savoir-faire et la rigueur de son travail.
C’est pourquoi en Afrique et même en Guinée ici, cette confusion mène à des nominations inappropriées et à une gestion sous-optimale des enjeux complexes. Il est temps de rééquilibrer nos critères d’évaluation.
Nous devons apprendre à distinguer :
1. La capacité à bien parler (l’oratoire).
2. La capacité à bien faire (la compétence professionnelle).
Les États et organisations qui réussiront demain seront ceux qui sauront valoriser l’expertise technique et la solidité des résultats, plutôt que le seul spectacle de la présentation.

Par Mohamed DIANÉ, journaliste et homme de lettres.



