Il est important de rappeler un principe fondamental : aucune association de ressortissants, aucun regroupement extérieur, aucune élite autoproclamée ne peut s’attribuer le droit de parler au nom de toute une communauté sans mandat clair de sa base.
La voix d’une communauté appartient d’abord à sa population réelle, à celles et ceux qui vivent la réalité quotidienne du territoire, qui portent les charges sociales, les défis locaux et les espoirs collectifs. La légitimité communautaire ne se construit pas dans les salons des grandes villes, mais dans l’adhésion populaire, la consultation et le consentement libre de la base.
Sur quelle base juridique une association de ressortissants pourrait-elle décider d’orientations électorales au nom de la Communauté de Sèkè ? Une association n’est pas une autorité électorale. Elle n’est pas non plus une institution coutumière mandatée par l’ensemble de la population. Elle ne peut donc ni imposer un choix, ni parler au nom de tous.
Que l’on soit ressortissant résident à Siguiri, Kankan, N’Zérékoré, Conakry ou ailleurs, le respect dû à la communauté impose l’humilité : accompagner, soutenir, proposer — oui. Se substituer à la population — non.
La communauté de Sèkè a longtemps été marginalisée par des cadres qui parlaient en son nom sans résultats concrets. Cette époque doit être révolue. Aujourd’hui, la base doit reprendre sa place, son droit de parole et son droit de décision, surtout en matière électorale.
Toute ambition politique est légitime à titre individuel. Que ceux qui souhaitent être candidats à la députation ou à toute autre fonction se présentent en leur nom propre, avec leur programme et leur courage politique — mais pas en s’appropriant abusivement le nom et la volonté de toute une communauté. Le respect de la communauté commence par le respect de sa souveraineté locale.

Par Fodé Nakon KEÏTA Acteur de la Société Civile, Défenseur du droit de la Communauté de Sèkè



