Un vent de discorde souffle au sein du Djelitomba national, cette grande famille des griots du Manding profondément ancrée dans les traditions culturelles de la Guinée. Le conflit oppose désormais deux figures majeures du milieu : Nfaly Franwalia Kamissoko, originaire de Siguiri, et Karamoko Adama Diabaté, connu sous le sobriquet de « La Source ».

Contacté par notre rédaction, Nfaly Franwalia Kamissoko a tenu à clarifier sa position. Selon lui, il est le président national légitime du Djelitomba, une fonction qu’il aurait héritée des mains des sages du Manding après le décès de l’illustre Yoro Kouyaté.

« Je suis Nfaly Franwalia Kamissoko, président du Djelitomba national. Depuis la mort de Yoro Kouyaté, j’ai été officiellement installé par les sages du Manding. S’il y a un autre président, je n’en suis pas informé. Et les sages ne m’ont rien signifié dans ce sens », a-t-il déclaré.
Il insiste également sur le fait qu’il n’a jamais écrit de note officielle contestant la chefferie de qui que ce soit, rappelant que le Djelitomba est, selon lui, un mouvement uni, fidèle aux décisions des anciens.
« Tous les griots ont un seul objectif : la paix et la réconciliation », a-t-il conclu avec fermeté.
Mais cette sortie médiatique n’a pas été sans réaction. Dans le camp de Karamoko Adama Diabaté, l’un de ses proches, sous anonymat, a réagi avec virulence :
« Cette version de Nfaly Franwalia n’a aucun sens, c’est une mascarade. Le seul président national reconnu par les instances du Djelitomba est Karamoko Adama Diabaté », a-t-il tranché.
Jusqu’à présent, Karamoko Adama Diabaté garde un silence stratégique, évitant toute déclaration publique sur ce différend qui fragilise l’unité des griots.
Face à cette crise de légitimité, les gardiens de la tradition et les sages du Manding sont appelés à intervenir rapidement pour jouer leur rôle de médiateurs. Le Djelitomba n’est pas un simple regroupement culturel : il représente l’âme du Manding, le ciment des traditions orales, et surtout un vecteur de paix et de cohésion sociale.
Un éventuel éclatement serait perçu comme une fracture symbolique dans la mémoire collective des peuples du Mandé. L’heure est donc à la conciliation, à la sagesse et à la préservation de cet héritage ancestral.
Affaire à suivre…
Mory Dioumessi pour le www.Gbaikandjamana.org
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