Le quartier T8 de Sonfonia a été bouleversé ce jeudi par la mort tragique de Mamadou Lamarana, un élève de 16 ans, touché mortellement par balle alors qu’il s’apprêtait à rejoindre sa mère pour une simple démarche administrative.

Tout avait commencé comme une journée ordinaire.

Salematou Diallo, la mère, raconte, encore sous le choc, les dernières minutes passées avec son fils :
« Je l’avais laissé, il était parti à la révision. Entre-temps, on m’a appelée à la commune, là où je travaille, pour le recensement de nos enfants. J’ai demandé à sa sœur de lui dire de me rejoindre après la révision. Tous les documents étaient prêts, il ne restait plus qu’à prendre la photo. »
Lamarana rentre, reçoit le message, s’habille en blanc et demande à sa mère : « Donne-moi ton parfum, je vais en mettre. »
Il prend aussi un bonbon avant de partir, sans savoir que c’était la dernière fois qu’il franchissait le seuil de la maison. Quelques instants plus tard, sa mère reçoit l’appel qui glace tout parent : son fils vient d’être touché par balle.

De son côté, le père, joint à Dubréka, se souvient :
« C’est aux environs de 14h que j’ai été informé. J’ai pris une moto pour revenir en urgence, mais en route, on m’a rappelé pour me dire qu’il était mort. Selon les informations reçues, il n’y avait aucune manifestation. Lamarana avait quitté la maison pour aller à l’école où il suivait des cours de vacances, mais comme le professeur n’était pas venu, il était rentré plus tôt. Sa sœur lui avait donné 5 000 GNF pour rejoindre sa mère… il n’est jamais arrivé. »
La balle qui a ôté la vie à Lamarana ne visait pas un manifestant, ni un criminel, mais un adolescent qui rêvait simplement de poursuivre ses études.
Un parfum, un bonbon, un sourire… et puis le silence.
Ahmadou Djogo – www.Gbaikandjamana.org



