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L’Université Julius Nyerere de Kankan (UJNK) entre dans une nouvelle zone de turbulences. La section locale du Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) a annoncé une grève générale illimitée à compter du mercredi 29 octobre 2025, à 8 heures.
L’annonce, rendue publique dans un avis de grève adressé aux autorités académiques, marque une rupture nette du dialogue entre les enseignants et le Rectorat. Le syndicat dénonce une accumulation de promesses non tenues et des conditions de travail jugées inacceptables.
Au cœur du bras de fer : le non-respect des engagements pris le 11 avril 2025, à l’issue des négociations menées sous la médiation de la Conférence des Recteurs des Universités de Guinée (CRUG).
Parmi les griefs soulevés figurent :
le manque de considération du Pool financier envers les travailleurs ;
des irrégularités présumées dans la gestion des ressources de l’établissement ;
l’insuffisance criante d’eau potable et d’électricité sur le campus ;
des chantiers exécutés en dehors des procédures réglementaires ;
l’absence de paiement des frais de mission pour les cadres ayant participé à une formation à Conakry.
Lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 27 octobre, les enseignants ont décidé de reprendre le mouvement suspendu depuis avril, estimant que rien n’a véritablement changé sur le terrain.
« La lutte ne fait que commencer »
Signé par le Secrétaire général adjoint de la section syndicale, Camarade Moriba Kouyaté, l’avis de grève appelle à une cessation totale de toutes les activités pédagogiques et administratives à l’UJNK.
« Nous appelons tous les enseignants-chercheurs et travailleurs à rester mobilisés jusqu’à la pleine satisfaction de nos revendications. L’unité est notre seule arme », peut-on lire dans le communiqué.

Dans les couloirs de l’université, c’est l’incertitude qui domine. Les étudiants redoutent une année académique compromise, après plusieurs interruptions successives.
« Nous sommes fatigués de ces perturbations. On ne sait plus quand l’année prendra fin », se désole un étudiant de Licence 2.
Contactée par notre rédaction, l’administration de l’UJNK n’a, pour l’heure, formulé aucune réaction officielle. Ce silence, perçu comme une indifférence, alimente la colère et les spéculations au sein de la communauté universitaire.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte national tendu marqué par la grogne persistante dans le secteur de l’enseignement supérieur guinéen.
La question de la valorisation de la fonction enseignante, de la bonne gouvernance universitaire et des conditions de travail reste entière.
Alors que la grève s’annonce illimitée, le spectre d’une paralysie totale plane sur l’UJNK. Sans une réaction rapide des autorités centrales, C’est l’avenir de milliers d’étudiants qui risque d’être pris en otage par un système à bout de souffle.

ci-joint l’avis de grève


Le www Gbaikandjamana.org
La Rédaction



