À Siguiri, plusieurs vendeurs de carburant du marché parallèle affirment avoir obtenu le remboursement d’importantes sommes d’argent après l’intervention de la Société nationale des pétroles (SONAP). Selon eux, certains gérants de stations-service leur auraient vendu des bidons d’essence à un prix supérieur au tarif habituel.

Oumar Diabaté, membre de l’Association des vendeurs de carburant du marché noir de Siguiri, explique que les adhérents de la structure s’approvisionnent généralement à raison de 240 000 francs guinéens le bidon, soit l’équivalent de 12 000 GNF le litre, avant de le revendre à 13 000 GNF le litre.
« Nous sommes membres de l’association et d’habitude nous achetons le bidon à 240 000 GNF. Mais ce matin, dans une station-service, le gérant nous a vendu le bidon à 280 000 GNF. Plus tard, le directeur préfectoral de la SONAP, M. Fakoly Kourouma, et son équipe sont venus nous rencontrer. Ils nous ont demandé à quel prix nous avions acheté le carburant. Après avoir appris que nous l’avions payé à 280 000 GNF au lieu de 240 000 GNF, ils nous ont accompagnés à la station-service où le gérant a été invité à nous restituer le surplus perçu », a-t-il déclaré.

Selon Oumar Diabaté, plus d’un million de francs guinéens auraient ainsi été remboursés aux vendeurs concernés. Il précise que lui et un de ses collègues avaient acheté à eux seuls 25 bidons de carburant.

Le revendeur dénonce également les pratiques de certains vendeurs indépendants qui, selon lui, proposent l’essence à des prix jugés excessifs.
« Nous revendons le litre à 13 000 GNF alors que certains qui ne sont pas membres de l’association le vendent entre 20 000 et 30 000 GNF. Je peux écouler entre 40 et 50 litres par jour. J’appelle mes collègues à arrêter de faire souffrir la population et à rejoindre l’association afin de faciliter l’approvisionnement et vendre à un prix raisonnable », a-t-il lancé.

Même constat du côté d’Amadou Saliou Keïta, qui affirme avoir également bénéficié du remboursement obtenu grâce à l’intervention des responsables locaux de la SONAP.

Pour sa part, Nankouman Keïta, plus connu sous le surnom de « Vieux Gasoil » et président de l’Association des vendeurs de carburant du marché noir de Siguiri, plaide pour une meilleure organisation du secteur.
« Nous souhaitons véritablement réglementer le secteur parce que tout le monde s’est lancé dans cette activité sans partager la même vision. L’association existe depuis l’époque du préfet Douramoudou. J’invite tous les vendeurs à s’inscrire afin que nous puissions travailler dans les mêmes conditions et vendre le carburant à un prix normal. Ceux qui seront surpris en train de vendre l’essence à 20 000 ou 30 000 GNF seront signalés aux autorités compétentes », a-t-il déclaré.

Cette intervention de la SONAP est perçue par plusieurs acteurs du secteur comme un signal fort en faveur du respect des prix pratiqués dans la chaîne de distribution du carburant à Siguiri.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org




