LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Lorsque l’équipe mixte de reporters est arrivée à Leybayah, le constat a été immédiat : le système de santé du village est au bord de l’effondrement. Le seul poste de santé, censé servir toute la population, est dans un état alarmant.

Sur place, les reporters ont trouvé l’unique agent soignant du village. Mais celui-ci, avant même de répondre aux questions, a préféré appeler le chef du centre de santé de Maleyah.
La réponse du chef a surpris l’équipe :
« Ne vous prêtez pas à leurs questions. S’ils vous interrogent, vous serez tenu responsable en cas de problème. »

Une attitude qui soulève des interrogations. Selon plusieurs habitants rencontrés par les reporters, le chef du centre donnerait les mêmes consignes dans d’autres districts, ce qui laisse penser qu’il pourrait chercher à cacher des dysfonctionnements récurrents dans les infrastructures sanitaires rurales.

Le témoignage des habitants est sans appel :
« Nous n’avons pas de poste de santé digne de nom. Le seul bâtiment date de 2008, construit en boue. Il est fissuré partout et risque de tomber. »
Ce poste de santé, déjà presque inutilisable, ne répond à aucune norme actuelle. Les murs craquent, la toiture menace, et l’intérieur n’a plus rien d’un lieu où l’on peut soigner des malades en toute sécurité.
La situation s’aggrave avec l’absence répétée du seul agent soignant affecté au village :
« Il n’est pas stable ici. Il voyage beaucoup. Quand nous avons un malade et qu’on l’appelle, il ne vient pas. »
Sans personnel médical disponible, les habitants n’ont d’autre choix que d’affronter l’état déplorable des routes pour transporter leurs malades jusqu’à Maleyah, souvent au péril de leur vie.
Entre un poste de santé délabré, un agent absent, et un chef de centre qui impose le silence, la santé publique à Leybayah est laissée au hasard.
Aujourd’hui, les populations n’attendent plus des promesses, mais des actes concrets : la rénovation du poste de santé, la présence effective d’un agent soignant, et surtout, la fin du silence imposé aux travailleurs de la santé.
Car dans ce village oublié, ce n’est pas seulement un bâtiment qui s’effondre : c’est le droit fondamental à la santé qui vacille.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Tel : 620-05-61-56



