En Guinée, les organisations non gouvernementales et les associations communautaires jouent depuis des décennies un rôle essentiel dans l’accompagnement des populations.
Elles interviennent dans les domaines les plus sensibles : santé, éducation, sécurité, protection sociale, assistance humanitaire…Pourtant, malgré cette contribution indispensable, ce secteur traverse aujourd’hui une crise silencieuse mais profonde. Depuis quelques années, les organisations communautaires à la base (OCB) voient leurs capacités se réduire considérablement.
L’accès aux financements est devenu un véritable parcours du combattant. Les crédits se raréfient, les financements internationaux se contractent, et les procédures d’obtention des documents de fonctionnement et de reconnaissance deviennent de plus en plus complexes.
Beaucoup de structures meurent « à petit feu », faute de moyens pour poursuivre leurs actions auprès des populations.À cette fragilité financière s’ajoute un autre obstacle majeur : le manque de considération institutionnelle. Les démarches administratives restent trop lourdes, les documents de fonctionnement difficiles à obtenir, et aucun cadre de concertation officiel n’existe entre l’État, les ONG et les partenaires techniques et financiers.

Comment un secteur censé accompagner le développement national peut-il fonctionner efficacement sans un espace de dialogue structuré et régulier ? Dans un contexte mondial marqué par les conflits, les crises humanitaires et les restrictions budgétaires, les organisations de la société civile jouent pourtant un rôle irremplaçable. Elles contribuent à atteindre des objectifs qui relèvent des missions régaliennes de l’État : protéger, éduquer, soigner, assister.
Elles sont souvent les premières à intervenir là où l’administration ne parvient pas à atteindre les populations. Il est donc temps de reconnaître une évidence : les ONG ne sont pas des concurrentes de l’État, mais des partenaires stratégiques. Elles constituent un prolongement naturel de l’action publique, un relais de proximité essentiel, un outil d’impact social majeur.
C’est pourquoi l’organisation, pour la première fois, d’une porte ouverte nationale et des États généraux des ONG et associations en République de Guinée apparaît non seulement pertinente, mais nécessaire. Cette initiative permettrait : d’assainir, structurer et dynamiser le secteur associatif ;de créer un véritable cadre de concertation tripartite (État – ONG – partenaires) ;de repenser le modèle de financement des organisations locales ; d’améliorer la gouvernance, la transparence et la coordination des interventions. La société civile guinéenne ne demande pas des privilèges : elle demande un partenariat responsable, équilibré, constructif. Un partenariat qui reconnaît sa valeur, son expertise et son engagement au service de la nation.
Les questions soulevées lors des rencontres multipartites reviennent toujours : jusqu’à quand continuerons-nous à négliger un acteur qui soutient l’État dans ses missions les plus essentielles ?

Il est urgent que les autorités guinéennes réagissent et engagent un nouveau dialogue national autour de l’avenir des ONG et associations.
Alhousseny Mohamed Kaba Activiste de la société civilePrésident de l’ONG Action de Bienfaisance Communautaire ONG-ABICOM Administrateur Général de la plate-forme Observatoire Citoyen de l’Administration Guinéenne OCILAGUI Contacts: 621 66 57 14/666 09 96 09 E-mail : amkintello@gmail.com



