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Présenté en grande pompe comme un cadeau présidentiel destiné à relancer le football dans la région du Kakandé, le stade du 1er Mai de Boké n’aura finalement apporté que désillusion et frustration.

Ce qui devait être une fierté locale s’est transformé en sujet de colère et de déception pour les passionnés du ballon rond.
À en croire plusieurs sportifs et habitants de la ville, l’infrastructure ne répond à aucune norme sportive sérieuse.

Mauvaise conception, dimensions non réglementaires, pelouse inadaptée — rien ne semble avoir été fait dans les règles de l’art. Résultat : le stade, flambant neuf sur le papier, est impraticable dès sa remise des clés. Une honte, selon les amateurs de football local, qui y voient une preuve supplémentaire du manque de rigueur et de suivi dans l’exécution des projets publics.
« On nous a vendu du rêve, mais on se retrouve avec un terrain de fortune déguisé en stade moderne », lâche un jeune supporter, visiblement amer.

La situation aurait pu s’arranger si les promesses avaient été tenues. Lors du tournoi de la campagne présidentielle, doté du trophée Mamadi Doumbouya, le Général Mathurin Bangoura, ancien gouverneur de Conakry, avait solennellement annoncé la reprise des travaux pour corriger les défauts du stade.
Mais plus d’un an après, rien n’a bougé. Le chantier est resté figé dans le silence, les espoirs se sont éteints, et le stade du 1er Mai demeure un éléphant blanc, inutile et coûteux.
Conséquence directe : le Wakriya AC, fleuron du football bokois, est contraint de jouer ses matchs à Kamsar, faute d’un stade homologué à domicile.
Une humiliation pour une préfecture qui se veut pourtant un bastion sportif.
« Nous attendons toujours la reconstruction de notre stade. Ce n’est pas trop demander : juste un terrain digne de ce nom », confie un autre fan rencontré sur place, le regard chargé d’amertume.
Le stade du 1er Mai devait incarner la renaissance du sport à Boké ; il en est devenu le symbole d’une gestion bâclée et d’un rêve trahi. Tant que les autorités continueront à inaugurer des projets sans qualité ni suivi, le football local restera prisonnier de promesses creuses et de pelouses en carton.
Boké Mamadou Bah pour le www.Gbaikandjamana.org



