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L’année 2025 s’achève sur un sentiment contrasté pour les populations de Kankan et de l’ensemble de la Haute-Guinée. Douze mois au cours desquels l’actualité locale a été marquée par une succession d’événements lourds de conséquences : crimes violents, accidents meurtriers, inquiétudes sécuritaires, mouvements sociaux, mais aussi moments de rassemblement culturel et politique.

Dans ce bilan, Gbaikandjamana.org propose une relecture globale de l’année écoulée, à travers les faits les plus significatifs qui ont façonné le quotidien des habitants.
Violences et crimes : une année douloureuse pour de nombreuses familles
L’un des faits marquants de 2025 reste la fréquence de drames liés aux violences interpersonnelles, notamment au sein des foyers.
À Mandiana, un homme a mortellement agressé son épouse, laissant derrière lui sept enfants désormais orphelins de mère. Le choc a été immense, d’autant que la victime a succombé à ses blessures après avoir été évacuée vers une structure sanitaire au Mali voisin.
À Kankan, l’émotion a atteint son paroxysme avec l’assassinat d’Adama Konaté, commerçante au grand marché Dibida. Poignardée en plein jour par un homme qu’elle avait refusé d’épouser, la victime est devenue malgré elle le symbole des violences faites aux femmes. La condamnation de l’auteur à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une longue période de sûreté et de lourdes réparations financières, a été largement saluée comme un acte de fermeté judiciaire.
En fin d’année, Mandiana a de nouveau été endeuillée par la découverte du corps sans vie d’une jeune femme égorgée. Le principal suspect, son mari, est toujours en fuite, ravivant l’angoisse et la colère au sein des communautés rurales.
Frontières sous surveillance : l’ombre de l’insécurité
Sur le plan sécuritaire, l’arrestation d’un individu suspect à Limbana, localité frontalière, a mis en lumière les risques d’infiltration de groupes armés venant du Mali. Présenté comme un éclaireur chargé de repérer le terrain en Guinée, l’homme a été remis aux autorités maliennes après son interpellation.
Cet épisode a provoqué une mobilisation rapide des autorités administratives et sécuritaires, conscientes de la fragilité des zones frontalières et de la nécessité d’une coopération renforcée face aux menaces régionales.

Phénomènes inhabituels : quand l’inexplicable inquiète
L’année a aussi été marquée par des faits insolites. En janvier, un objet technologique tombé du ciel dans un champ à Batè-Loba a provoqué la panique parmi les habitants. Rapidement sécurisée par les forces de défense, la zone a été bouclée avant l’évacuation de l’engin vers Kankan pour analyses.
L’incident, survenu après un cas similaire signalé dans une autre localité de la préfecture, a alimenté rumeurs et interrogations, illustrant la vulnérabilité psychologique des populations face à l’inconnu.
Accidents de la route : un bilan humain alarmant
Les routes de la Haute-Guinée ont une nouvelle fois endeuillé de nombreuses familles. Sur l’axe Conakry–Kouroussa, plusieurs accidents graves ont été enregistrés au cours de l’année.
À Saraya, six personnes ont perdu la vie dans un accident nocturne. À Tidamadya, une collision violente entre un minibus et un camion a fait cinq morts. Plus récemment, en décembre 2025, un autre drame routier survenu toujours dans la zone de Kouroussa a causé la mort d’au moins onze personnes, portant à un niveau particulièrement préoccupant le nombre de victimes sur ce tronçon.
Ces tragédies répétées relancent la question de la prévention routière, du comportement des conducteurs et de l’état du parc automobile.
Revendications sociales : la jeunesse de Kérouané sort du silence
À Kérouané, la jeunesse a exprimé son ras-le-bol face à des conditions de vie jugées intenables. Manque d’eau potable, coupures prolongées d’électricité et routes inachevées ont poussé des centaines de jeunes à manifester pacifiquement.
L’interpellation de plusieurs manifestants a suscité une vive réaction au sein de la population, mettant en lumière le fossé persistant entre attentes citoyennes et réponses institutionnelles dans certaines préfectures de l’intérieur.
Kankan, épicentre politique de la transition
Ville natale du président de la transition, Kankan a occupé une place centrale dans le débat politique national. Les prises de parole officielles évoquant une éventuelle candidature du chef de l’État ont transformé certaines manifestations en démonstrations de soutien politique.
La ville a également été observée de près lors du référendum constitutionnel et des élections, qui se sont déroulés dans un climat globalement apaisé, malgré une participation inégale selon les quartiers.
Certaines déclarations d’acteurs politiques sur des dossiers sensibles ont par ailleurs alimenté débats et controverses, illustrant la complexité du contexte de transition.
Culture et traditions : la Mamaya comme trait d’union
Au milieu de cette actualité souvent lourde, la culture a joué un rôle fédérateur. La célébration de la Tabaski à Kankan, suivie du lancement de la 85ᵉ édition de la Mamaya, a offert aux populations des moments de communion et de fierté collective.
Cette danse emblématique de la Haute-Guinée, désormais ouverte à des échanges culturels internationaux, continue d’incarner un puissant symbole d’identité et de cohésion sociale.
Regard de fin d’année
L’année 2025 aura été, pour Kankan et la Haute-Guinée, une succession d’épreuves, mais aussi de prises de conscience. Drames humains, défis sécuritaires, frustrations sociales et aspirations politiques ont cohabité avec des moments de rassemblement et d’expression culturelle.
À l’heure où s’ouvre une nouvelle année, les attentes restent fortes. Justice, sécurité, services de base et développement demeurent au cœur des préoccupations des populations, qui espèrent voir leurs réalités quotidiennes mieux prises en compte.

Le Gbaikabdjama Médias.
La Rédaction




