Annoncée comme un projet salvateur pour désenclaver la commune rurale de Kintinia, la construction de 3 kilomètres de route en pavés sur l’axe Kintinia centre vers le quartier Heremakono est aujourd’hui au cœur d’une vive contestation populaire.

À mesure que les travaux avancent, les inquiétudes grandissent, laissant place à un sentiment de frustration et de peur chez les usagers et les riverains.

Lancée officiellement lors d’une cérémonie en présence de plusieurs personnalités administratives et locales, cette route devait améliorer la circulation et soulager les populations.

Mais près d’un an après le démarrage, le chantier demeure flou, tant sur le plan du calendrier que sur le contenu du cahier de charges, jamais communiqué aux citoyens concernés.
Sur le terrain, le constat est sans appel : la chaussée est excessivement étroite.

Une situation dénoncée par Ansoumane Camara, secrétaire administratif du quartier Hèrè Makono, qui rappelle qu’avant le début des travaux, plusieurs véhicules lourds pouvaient se dépasser sans difficulté.
« Aujourd’hui, même deux petites voitures peinent à se croiser. Les camions-bennes sont obligés de s’arrêter ou de faire marche arrière. C’est une route très fréquentée, utilisée par les poids lourds, les véhicules légers et les motos. Le choix du pavé ici est une erreur », martèle-t-il.

Pour Aïcha Camara, citoyenne de Kintinia, le problème dépasse la simple largeur de la route. Elle pointe du doigt les conséquences futures, notamment à l’approche de la saison hivernale.
« Les caniveaux et les passages d’eau ont été détruits. Avec les pavés, l’eau va fragiliser la route et tout emporter. Avant, trois ou quatre véhicules pouvaient se dépasser ; maintenant, c’est devenu impossible. Cette route devait être goudronnée », déplore-t-elle.

Même inquiétude chez les jeunes de la localité. Fanta Madi Faden Camara, président de la jeunesse de Hèrè Makono, alerte sur la multiplication des accidents et la lenteur jugée anormale de l’entreprise en charge des travaux.
« Ce qui se fait ici n’est pas une route fonctionnelle. C’est un danger permanent. Là où un pont était attendu, ce sont des pavés qui ont été posés. Chaque jour, nous assistons à des incidents. Nous demandons à l’État d’envoyer des experts pour constater la réalité », insiste-t-il.

Au quotidien, les images parlent d’elles-mêmes : nuages de poussière, camions immobilisés, motards contraints de se faufiler, riverains exposés.

La circulation, autrefois fluide, est devenue chaotique, transformant cet axe vital en zone à haut risque.

À Kintinia, la route censée rapprocher les populations semble désormais les mettre en danger.
Sans correction urgente du projet et sans transparence sur les choix techniques, ce chantier risque de passer de promesse de développement à symbole d’un investissement public mal orienté, où la route, au lieu de relier, divise et menace des vies humaines.

Siguiri Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Tel: 620-05-61-56



