Dans la matinée de ce mardi 03 février 2026, les vendeurs de poisson et de poulet de Kankan sont descendus dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face à la hausse vertigineuse des prix sur le marché de Nabaya.

Une situation qu’ils jugent devenue intenable, tant pour eux que pour les ménages.
Selon les manifestants, le prix du poisson et du poulet connaît des variations incontrôlées, pouvant changer jusqu’à trois fois en une seule journée.

Cette instabilité, dénoncent-ils, annihile toute possibilité de bénéfice et fragilise davantage un secteur déjà précaire. Espérant attirer l’attention des autorités, les vendeurs se sont mobilisés massivement pour faire entendre leur cri de cœur.

Rencontré au sein du cortège, Boh Lancinè Keïta, vendeur de poisson, témoigne :
« Nous sommes sortis aujourd’hui parce que nous souffrons énormément. Le prix du poisson est devenu trop élevé. Quand on achète pour revendre, il n’y a aucun bénéfice, que tu sois en ville ou que tu achètes au village.
Le prix ne fait qu’augmenter. Récemment, le poulet entier s’achetait à 200 000 francs guinéens, aujourd’hui c’est 250 000 voire 260 000 FG. Pourtant, au marché, on est obligé de revendre à 50 000 FG. Avant, une caisse de poulet coûtait entre 180 000 et 200 000 FG, maintenant elle est à 250 000 FG. Le kilo de poisson est passé de 20 000 à 30 000 FG.
Nous avons des familles à nourrir. Même les femmes au marché ne savent plus quoi faire avec l’argent de la dépense. Nous demandons l’aide des autorités. »
Le vendeur évoque également des frais supplémentaires exigés pour retirer le poisson acheté, aggravant davantage les charges :
« Quand le poisson arrive, on doit encore payer pour le faire sortir. Le poisson venant de Kouroussa coûte moins cher qu’à Kankan, et nous ne comprenons pas pourquoi. »

Dans le même sillage, Fanta Kanté, vendeuse de poisson, dénonce une situation qu’elle qualifie d’insupportable :
« Nous sommes sorties parce que le poisson est devenu excessivement cher. Avant, on prenait le Bölödji à 230 000 FG, aujourd’hui il est à 440 000 FG. Ils doivent réduire les prix.
Dans les bureaux, ceux qui font sortir le poisson exigent 10 000 FG, parfois 5 000 FG, sinon ils bloquent la marchandise. Acheter le poisson et encore payer pour le retirer, c’est trop. Nous souffrons énormément, hommes comme femmes.
Quand on donne 30 000 FG de dépense à une femme, que peut-elle réellement acheter aujourd’hui ? Cela fait plus d’un mois que les prix montent chaque jour. Même les autorités sont informées, car elles aussi revendent le poisson. »

À noter que l’Inspectrice régionale de la Pêche et de l’Aquaculture de Kankan n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes, se déclarant indisponible pour l’instant.
Cette mobilisation des vendeurs de poisson et de poulet révèle une crise profonde du circuit d’approvisionnement et de fixation des prix à Kankan.
En attendant une réaction concrète des autorités, commerçants et consommateurs restent pris au piège d’un marché instable où le pouvoir d’achat s’érode jour après jour.

Lamarana Barry
www.gbaikandjamana.




