Un grave incendie a ravagé, jeudi 5 février, un minibus transportant des marchandises sur l’axe Kourémalé–Farandamany, causant d’énormes pertes matérielles estimées à plus de 30 millions de francs CFA . Le chauffeur, Idrissa Diallo, encore sous le choc, raconte les faits avec émotion.

Selon son témoignage, Idrissa Diallo effectue régulièrement le trajet Bamako–Mandiana pour accompagner les marchandises des commerçants. « Je quitte Bamako chaque mercredi. Cette fois-ci, j’ai bougé dans la nuit du mercredi 4 février. J’ai passé la nuit à la douane, à la frontière guinéenne de Kourémalé. Le jeudi matin, j’ai changé des pneus défectueux, puis j’ai repris la route aux environs de 16h–17h », explique-t-il.

Après avoir dépassé le poste de contrôle de la police guinéenne en direction de Farandamany, le drame survient entre Farandamany et Kourémalé. « Il y avait des feux de brousse le long du goudron. Le vent a projeté le feu sur les marchandises attachées sur le porte-bagages, mais je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement. Ce sont des motards qui m’ont signalé le feu. Je n’avais pas compris au début, jusqu’à ce qu’un motard me fasse de grands gestes pour m’obliger à m’arrêter », poursuit-il.

Conscient du danger, le chauffeur tente alors de sauver ce qui peut l’être. « J’ai cherché un marigot pour y plonger la voiture afin d’éteindre le feu, mais je n’en ai pas trouvé. J’ai vu un ravin et j’ai volontairement fait tomber la voiture dedans pour que le porte-bagages cède. Hélas, c’était trop tard », confie-t-il en larmes.

Le feu avait déjà gagné l’intérieur du véhicule, où se trouvaient d’autres marchandises : cartons, bidons d’huile, concasseurs, ainsi que le minibus appartenant à son patron.

Un témoin direct, Ibrahima Sow, résident à Bembeta, confirme la version du chauffeur. « Je quittais Kourémalé pour rentrer à la maison. Arrivé au niveau du pont de Kabakoudoun, j’ai aperçu de loin un feu au-dessus d’un minibus qui roulait vers Farandamany. J’étais derrière la voiture. J’ai essayé de signaler le chauffeur, mais il ne comprenait pas. Le feu de brousse avait déjà atteint les bagages », raconte-t-il.

Face à l’urgence, le témoin décide d’agir. « Je l’ai dépassé et je me suis garé devant lui pour l’obliger à s’arrêter. Une fois arrêté, il a constaté l’ampleur du feu. Il n’y avait ni eau ni extincteur. Il m’a dit que s’il y avait un marigot à proximité, il allait y plonger la voiture, mais il n’y en avait pas. C’est ainsi qu’il a fait tomber le véhicule dans le ravin, mais le feu avait déjà envahi l’intérieur avec les autres bagages », précise Ibrahima Sow.

Ce drame relance la question de la sécurité routière et de la prévention des risques d’incendie sur les axes exposés aux feux de brousse, notamment l’absence d’extincteurs à bord des véhicules de transport.
Une négligence qui, cette fois, a coûté plus de 30 millions francs CFA de marchandises… et laissé un chauffeur dans le désespoir total.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamna.org



