Dans le district de Nafadji Frontière, situé à environ 50 kilomètres de la commune urbaine de Siguiri, les responsables locaux tirent la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de l’école primaire du village.

Le président du district, Kadia Adama Camara, décrit une réalité difficile qui freine l’apprentissage des enfants.
Selon lui, l’établissement ne dispose que de trois salles de classe pour accueillir les élèves de la première à la sixième année.
Une organisation qui oblige les enseignants à regrouper plusieurs niveaux dans une même salle. Ainsi, les élèves de première et deuxième année partagent une seule classe, ceux de troisième et quatrième année également, tandis que les cinquième et sixième années se retrouvent dans une autre salle.
Construite il y a plusieurs décennies par le projet AFRICOF, l’école fait aujourd’hui face à une forte pression démographique.
Les salles sont devenues trop exiguës pour l’effectif actuel, notamment en première et deuxième année où les élèves sont particulièrement nombreux.
L’établissement fonctionne également avec un personnel enseignant très limité.
On y compte seulement quatre enseignants : deux titulaires de l’État et deux contractuels communautaires, dont les salaires sont en grande partie supportés par les parents d’élèves.
Les difficultés ne s’arrêtent pas là. L’école ne dispose pas d’adduction d’eau, ni de clôture, et certaines infrastructures restent très précaires.
Le manque de tables-bancs constitue également un problème majeur. Cette année, face à l’urgence, les parents d’élèves ont été contraints de se mobiliser : deux parents se cotisent pour acheter un seul banc, mais malgré cet effort, dans certaines classes trois à cinq élèves partagent le même siège.
Dans cette zone agro-pastorale dépourvue d’activités minières, les ressources des familles restent limitées. Malgré cela, les parents continuent de soutenir l’école en contribuant au paiement des enseignants contractuels, à raison de 195 000 francs guinéens par élève et par an, une somme versée en trois tranches.
Face à cette situation, la communauté ne reste pas les bras croisés. Avec l’appui de la jeunesse du district, le soubassement de trois nouvelles salles de classe a déjà été réalisé, dans l’espoir de lancer prochainement leur construction.
Pour Kadia Adama Camara, l’espoir demeure, mais les moyens manquent. Il lance donc un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté afin de soutenir ce projet.

De retour de Nafadji Frontière/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Tel:+224/620-05-61-56




