Bourénfè, district relevant de la sous-préfecture de Doko. Dans cette localité rurale, une initiative portée par les autorités locales est en train de transformer durablement le paysage éducatif.

Depuis février 2025, le bureau du district a décidé de prendre en charge le paiement des mensualités scolaires (APAEE) pour l’ensemble des élèves, sans distinction d’origine.

À l’origine de cette décision, Mamadi Dioubaté, président du district de Sèkè Bourénfè, explique une vision claire : faire de l’éducation un levier prioritaire de développement.
« Nous sommes arrivés à la tête du bureau le 14 janvier 2025. Dès le mois de février, nous avons pris l’initiative de payer les mensualités de tous les élèves, de l’enseignement général comme franco-arabe. Aider un pays, c’est d’abord aider son système éducatif », affirme-t-il.

Dans ce district où les infrastructures scolaires existent mais où les contraintes financières freinaient la scolarisation, cette mesure vise à lever un obstacle majeur.
« Les parents souhaitent envoyer leurs enfants à l’école, mais les frais mensuels constituaient un véritable fardeau. Nous avons donc décidé de les prendre entièrement en charge et d’encourager tous les habitants, autochtones comme étrangers, à scolariser leurs enfants », précise le président.
Au-delà du paiement des frais, le bureau du district soutient également le corps enseignant.
Les enseignants contractuels sont rémunérés régulièrement, tandis que les titulaires bénéficient d’encouragements financiers mensuels par le bureau de District. Une stratégie qui s’étend même aux périodes de vacances.
« L’objectif est de garantir de bonnes conditions de travail afin d’assurer une meilleure qualité d’enseignement pour nos enfants », souligne Mamadi Dioubaté.

Du côté des parents d’élèves, l’impact est tangible. Djènè Mady Dioubaté, président de l’Association des Parents d’Élèves et Amis de l’École (APAEE) de Bourénfè, ne cache pas sa satisfaction.
« Avant, le recouvrement des mensualités était très difficile. Certains parents mettaient plusieurs semaines à payer, et des élèves étaient parfois renvoyés pour non-paiement, ce qui les éloignait durablement de l’école. Cela affectait aussi les enseignants », explique-t-il.
Depuis la mise en œuvre de cette politique, la dynamique a radicalement changé.
« Le bureau du district a pris en charge tous les frais depuis février 2025. Aujourd’hui, nous enregistrons une augmentation significative des effectifs dans les écoles. Les enfants restent en classe et les enseignants travaillent dans de meilleures conditions », ajoute-t-il.
Cette expérience locale illustre comment une prise en charge ciblée des contraintes économiques peut relancer la scolarisation et renforcer la stabilité du système éducatif en milieu rural.
À Bourénfè, l’investissement dans l’éducation n’est plus un slogan : c’est une politique concrète qui redonne à l’école sa place centrale et ouvre, pour toute une génération, des perspectives nouvelles.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
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