C’est un tournant décisif pour le secteur privé guinéen. Dans une ambiance marquée par une forte mobilisation, la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG) a procédé, ce mercredi 15 avril 2026 au lancement officiel de la carte d’adhérent et de membre au niveau de son antenne régionale de N’Zérékoré.
Organisée à la bibliothèque régionale, la cérémonie a réuni un large éventail d’acteurs économiques venus de toutes les préfectures, aux côtés des représentants des autorités administratives, communales et coutumières. Une affluence qui traduit l’importance stratégique de cette initiative.
Une carte, bien plus qu’un simple document, pensée comme un outil structurant, la carte d’adhérent se positionne comme un véritable levier de transformation du tissu économique. Selon Boubacar “55” Barry, chef de projet, l’objectif est clair :
« recenser les commerçants et mieux les identifier ».Mais au-delà de cette fonction, la carte constitue une base de données stratégique pour l’État. Elle permettra de produire des statistiques fiables sur les opérateurs économiques — leur nombre, leurs activités, leur répartition — afin d’orienter efficacement les politiques publiques.« Grâce à ces informations, les autorités pourront mieux répondre aux besoins en formation, en financement ou en infrastructures », précise-t-il.

Sur le terrain, les avantages sont concrets. La carte ouvre l’accès à une série de services : formations, accompagnement à la formalisation, participation à des foires internationales, opportunités d’affaires et dispositifs financiers.
À l’inverse, les opérateurs non enrôlés s’exposent à une marginalisation progressive. Non reconnus comme membres, ils seront exclus des avantages et des services offerts par la Chambre. Cette réforme s’appuie d’ailleurs sur un cadre légal précis : un décret présidentiel rend désormais obligatoire la détention de cette carte pour être membre, électeur et éligible au sein de la Chambre de commerce.
Pour Makan Camara, président de la Chambre régionale, l’événement est historique : « C’est une grande fierté. Cela fait trois ans que nous travaillons pour obtenir une carte fiable, biométrique, moderne et sécurisée ».

Il souligne également l’engagement des autorités nationales, notamment la forte délégation venue de Conakry, preuve de la dimension nationale du projet. Dans son intervention, il a été sans équivoque : « Désormais, celui qui ne possède pas cette carte n’aura pas accès aux services de la Chambre ».
Représentant l’autorité préfectorale, Didi Gnambalamou, directeur préfectoral de l’Industrie et du Commerce, a salué une initiative « longtemps attendue » et lancé un appel fort aux opérateurs économiques :
« Il est essentiel de s’identifier pour prospérer. Cette carte facilitera le développement des affaires et notre travail d’encadrement ».

Avec ce lancement, la CCIAG pose les bases d’un secteur commercial mieux organisé, plus visible et plus compétitif. Entre identification, formalisation et accès aux opportunités, la carte d’adhérent s’impose comme un outil incontournable.

À N’Zérékoré, le message est clair : l’avenir du commerce passe désormais par la structuration… et par cette carte.
Moussa Moïse Camara pour www.gbaikandjamana.org




