L’abattoir central de Kankan, vieux de plus de 20 ans, n’a jusqu’à présent bénéficié d’aucune rénovation. Une situation qui inquiète les bouchers, confrontés quotidiennement à des conditions de travail difficiles et à un manque criant d’équipements.
Selon plusieurs professionnels de la filière viande rencontrés sur place, l’état de cette infrastructure est aujourd’hui alarmant. « L’image de notre abattoir est vraiment pitoyable comparée à celle des autres villes, alors que Kankan est la deuxième capitale du pays et dispose d’un unique abattoir », déplorent les bouchers.

Les bouchers expliquent qu’un projet de construction d’un nouvel abattoir à Konkonikoro avait été annoncé, mais les travaux n’ayant pas été achevés, une alternative leur aurait été promise : la rénovation de l’abattoir actuel.
« Il était dit qu’on nous a donné un abattoir à Konkonikoro, mais comme ce n’était pas terminé, on nous a dit que notre abattoir de Mandiana-Coura serait renouvelé. Mais on n’a rien vu, ni une personne », confie un boucher.

Une promesse qui, selon eux, tarde à se concrétiser, plongeant le secteur dans une précarité grandissante.Au-delà de la vétusté des installations, les bouchers dénoncent également l’absence de moyens de transport adaptés pour acheminer la viande vers les marchés.
« Nous sommes vraiment en difficulté parce que nous sommes obligés de mettre la viande dans les tricycles, ce qui n’est pas normal. C’est un manque de véhicule », regrettent-ils.

Ils sollicitent ainsi l’appui des autorités locales afin de disposer d’un véhicule conforme pour le transport de la viande, ce qui permettrait également de renforcer les normes sanitaires. Autre difficulté majeure : le dysfonctionnement d’une importante pompe du Service d’entretien de la voirie (SEG), indispensable au bon fonctionnement du site.
« Notre grande pompe de SEG est gâtée depuis très longtemps. Actuellement, nous n’avons qu’une seule pompe que la mairie nous avait donnée », expliquent-ils.
Pour les bouchers, cette insuffisance d’équipements affecte non seulement leur travail, mais représente aussi un risque sur le plan hygiénique. Les professionnels de la viande disent pourtant exercer une activité importante, affirmant qu’il arrive parfois que plus de 20 bœufs soient abattus en une seule journée.

« Notre rêve, c’est d’avoir un abattoir moderne comme pour les autres. Parfois, on peut égorger plus de 20 bœufs. Mais nous sommes vraiment dans une grande difficulté », ajoutent-ils.
Face à cette situation, les bouchers lancent un appel urgent aux autorités locales et aux responsables du secteur afin de moderniser l’abattoir et améliorer leurs conditions de travail.Ils rappellent par ailleurs que la mairie avait promis une rénovation de cette infrastructure, mais jusqu’à présent, aucun acte concret n’a été posé.Selon les informations recueillies auprès de la mairie de Kankan.
Le président de la délégation spéciale Arafan Moussa Koulibaly , rassure que le processus de rénovation de l’abattoir est en cours, sans toutefois préciser de date exacte pour le démarrage effectif des travaux.

En attendant une solution, l’abattoir de Kankan continue de fonctionner dans des conditions jugées précaires, alors même qu’il constitue le seul centre officiel d’abattage de la ville.
𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 pour www.gbaikandjamana.org
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