Installée en avril 2024 à la faveur de la mise en place des délégations spéciales dans les collectivités du pays, l’équipe dirigeante de la commune urbaine de Kankan, conduite par Araphan Moussa Koulibaly, approche désormais de sa deuxième année complète à la tête de la mairie.
À quelques jours des élections communales prévues le 31 mai, l’heure du bilan s’impose dans la cité de Nabaya. Deux ans après sa prise de fonction, le président de la délégation spéciale a-t-il convaincu les citoyens ?
À son arrivée, la nouvelle équipe municipale avait suscité beaucoup d’attentes. Dans une ville en pleine croissance démographique et économique, les besoins étaient immenses : assainissement, infrastructures marchandes, voirie urbaine, services publics de proximité… Les habitants espéraient une gouvernance de proximité capable d’apporter des réponses concrètes à des préoccupations quotidiennes longtemps restées sans solution.
Sur le terrain, plusieurs citoyens reconnaissent des efforts autour de l’assainissement. Des opérations de curage et de nettoyage ont été observées dans certains quartiers, avec des actions ponctuelles visant à limiter l’insalubrité dans les zones les plus exposées. Mais pour de nombreux habitants, ces efforts restent encore insuffisants face à l’ampleur du défi.
L’un des besoins les plus urgents et les plus évoqués à Kankan demeure l’aménagement d’un abattoir moderne, un projet attendu depuis des années. Dans une ville comme Kankan, carrefour commercial majeur de la Haute-Guinée, l’absence d’infrastructures modernes adaptées à l’abattage et à la commercialisation de la viande continue d’alimenter les critiques.
Plusieurs acteurs du secteur estiment qu’un tel investissement aurait permis d’améliorer les conditions sanitaires, d’organiser davantage la filière et de renforcer les recettes communales. Deux ans après l’installation de la délégation spéciale, cette attente reste entière.
Autre observation régulièrement formulée par les citoyens : le manque de communication de la mairie sur sa gestion. Si certaines initiatives ont été menées, elles ont rarement fait l’objet d’une communication claire et régulière. Plusieurs habitants interrogés disent ne pas disposer d’assez d’informations sur les projets engagés, les priorités fixées ou encore les ressources mobilisées. Une absence de visibilité qui entretient parfois le doute et alimente les interrogations sur le bilan réel de l’équipe municipale.
Dans un contexte où la transparence et la reddition des comptes sont de plus en plus attendues par les populations, cette distance entre l’administration communale et les citoyens est souvent perçue comme un point faible du mandat d’Araphan Moussa Koulibaly.
À quelques jours du scrutin du 31 mai 2026, la question du bilan revient donc avec insistance dans les débats à Kankan. Entre efforts reconnus sur certains volets, attentes encore fortes autour des infrastructures prioritaires comme l’abattoir moderne, et communication jugée insuffisante, la délégation spéciale conduite depuis avril 2024 par Araphan Moussa Koulibaly laisse un bilan diversement apprécié.
Le verdict final appartiendra sans doute aux citoyens, premiers observateurs du quotidien communal, dans une ville où les attentes restent grandes et où la gouvernance locale demeure plus que jamais au cœur des préoccupations.

La Rédaction Politique www.gbaikandjamana.org





