À seulement quelques kilomètres de la commune urbaine de Kankan, un bâtiment censé soulager les souffrances de nombreux malades et accidentés continue de nourrir frustration et interrogations.
Onze ans après le lancement du chantier, l’infrastructure annoncée pour un coût de 5 milliards 960 millions de francs guinéens reste inachevée, abandonnée entre promesses non tenues et absence d’explications claires.
Selon les informations recueillies sur place, le projet avait été attribué en 2015 à l’entreprise GUIASCO dans le cadre de la construction d’un centre destiné à accueillir notamment les victimes de fractures dans la sous-préfecture de Batè-Nafadji. Le délai contractuel évoqué à l’époque aurait été de six mois.
Pourtant, une décennie plus tard, le bâtiment peine encore à remplir sa mission. Sur les lieux, le constat est difficile à ignorer : certaines installations restent incomplètes, des équipements essentiels comme l’eau et l’électricité ne sont toujours pas disponibles, tandis que plusieurs parties du bâtiment montrent déjà des signes visibles de dégradation.
Pour les habitants, le temps de l’attente semble s’être transformé en incompréhension. « Nous pensions que ce bâtiment allait enfin permettre de mieux prendre en charge les malades ici, mais les années passent et rien ne bouge réellement », confie un citoyen rencontré sur place, visiblement amer face à cette situation qui dure.
Au-delà du retard, c’est surtout le manque d’éclaircissements qui suscite les interrogations. Le financement annoncé est connu. Le chantier existe. Mais les raisons exactes du blocage restent floues pour de nombreux habitants. Entre responsabilités administratives, difficultés d’exécution ou manque de suivi, plusieurs questions demeurent sans réponse.
À Batè-Nafadji, certains redoutent désormais que le bâtiment ne perde de sa valeur avant même son inauguration. D’autres appellent les autorités compétentes à sortir du silence afin de situer les responsabilités et clarifier l’avenir du projet.
À quelques jours d’importantes échéances électorales dans le pays, cette infrastructure inachevée revient dans de nombreuses discussions dans la localité. Pour plusieurs citoyens, le dossier dépasse désormais le simple retard : il est devenu un symbole des attentes non satisfaites et de l’exigence de redevabilité sur les investissements publics.
En attendant une réaction officielle, le bâtiment reste là, debout mais inachevé, au milieu des regards et des interrogations d’une population qui continue d’attendre des réponses.

La Rédaction Politique www.gbaikandjamana.org





