L’Agence Guinéenne pour l’Éducation aux Médias et à l’Information (AGEMI) a clôturé lundi 3 août 2026, une session de formation consacrée à la lutte contre la désinformation, la mésinformation et la malinformation.

Organisée dans ses locaux situés au quartier Missiran dans la commune urbaine de Kankan, cette formation s’est tenue du 2 au 3 août 2026 et a réuni des journalistes, des communicateurs et enseignants.

L’initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des professionnels des médias et des citoyens face aux défis liés à la prolifération des fausses informations, notamment à l’ère du numérique.

Au cours des deux jours de formation, les participants ont été initiés à plusieurs modules portant sur les différents types de désordre de l’information (mésinformation, désinformation et malinformation), les biais cognitifs, l’introduction au fact-checking, ainsi que les notions de prebunking (prévention des fausses informations) et de debunking (démystification des rumeurs et fausses informations).

Prenant la parole à la clôture de la formation, le président de l’AGEMI, Mohamed Slem Camara, est revenu sur les motivations ayant conduit à la création de cette nouvelle structure.
« L’AGEMI est une jeune structure créée pour contribuer à l’éducation aux médias et à l’information en Guinée. Bien que née à Kankan, notre ambition est nationale. Nous comptons implanter progressivement des antennes dans plusieurs régions du pays », s’est-il exprimé.

Selon le président de l’AGEMI, cette formation intervient dans un contexte marqué par la propagation du désordre de l’information sur les ondes et sur l’internet en Guinée.
« Cette formation est partie d’un constat simple : aujourd’hui, le paysage médiatique est fortement marqué par la circulation des fausses informations. Le désordre informationnel est visible sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels. Nous avons estimé qu’il était important de participer à l’éducation des citoyens aux médias et à l’information », a-t-il déclaré.
Une formation élargie à d’autres acteurs

Durant deux jours, une dizaine de participants y ont pris part. Ce qui n’est pas fortuit selon Mohamed “slem” Camara.
«C’est pourquoi cette formation n’a pas été réservée uniquement aux journalistes. Un appel à candidatures avait été lancé à travers un formulaire d’inscription, ce qui nous a permis de sélectionner une vingtaine de participants répartis en deux cohortes. Cette première cohorte vient d’achever sa formation.»
Au compte de cette première formation de l’AGEMI, des thématiques liées au désordre de l’information ont été abordées par le président de l’Association également facilitateur.
«Durant ces deux jours, nous avons abordé les différentes formes de désordre informationnel, les méthodes pour les détecter et les combattre, ainsi que les techniques de fact-checking. Nous avons également insisté sur le prebunking, qui consiste à développer une véritable « vaccination informationnelle » afin de prévenir les effets des fausses informations.»

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Cet atelier de formation a été caractérisé par des sessions pratiques basées sur l’utilisation des outils de vérification et la rédaction des articles de fact checking et de debunking.
«Les participants ont aussi appris la méthodologie de rédaction d’un article de fact-checking. À l’issue de cette formation, trois articles ont été produits dans le cadre des travaux de groupe. Ils seront publiés sur nos médias partenaires, notamment Kankan24, Gbaikandjamana Média, Makonon Médias et d’autres organes partenaires de l’AGEMI », a indiqué Mohamed “slem” Camara, journaliste fact-checkeur et président de l’AGEMI.
«Nous sommes satisfaits des résultats obtenus. Les objectifs fixés ont été atteints et les participants ont démontré une bonne assimilation des enseignements», s’est-il réjouit.
Parlant des ambitions de l’Association Guinéenne pour l’Éducation aux Médias et à l’Information, le président dévoile quelques unes.
« Ce n’est qu’un début. Après Kankan, nous prévoyons d’organiser des formations à Siguiri, Mandiana, Kouroussa, Kérouané, puis dans d’autres localités de la Haute-Guinée, notamment à Faranah. À terme, nous souhaitons également plaider auprès des autorités afin que l’éducation aux médias et à l’information soit intégrée dans le système éducatif guinéen », a-t-il annoncé.
Des participants outillés et satisfaits

À l’issue des deux jours de session, les participants par le biais de leur porte parole, ont exprimé leur satisfaction.
Au nom des participants,
«Depuis que j’exerce dans le journalisme à Kankan, c’est la première fois que je participe à une telle formation initiée de manière indépendante, sans financement des autorités ou de partenaires. Voir une personne offrir gratuitement une formation aux journalistes afin d’améliorer la qualité de l’information est une initiative à encourager », a affirmé Alhassane Kouyaté, enseignant et animateur à Horizon FM Kankan. Il a par ailleurs réitéré l’engagement de l’ensemble des participants à une restitution des modules appris aux membres de leur structure.
«Nous rassurons le facilitateur, Mohamed Slem Camara, que les connaissances acquises durant ces deux jours nous seront très utiles dans notre travail quotidien. Nous nous engageons également à partager ces acquis avec nos collègues afin qu’ils profitent eux aussi de cette expérience. »

Même satisfaction du côté de Saloum Camara, journaliste à Batè FM, qui affirme avoir découvert plusieurs outils de vérification qu’il ne maîtrisait pas auparavant.
«J’ai découvert plusieurs outils que je ne connaissais pas, notamment Google Lens et différentes solutions basées sur l’intelligence artificielle permettant de vérifier l’authenticité d’une image ou de déterminer si elle a été générée par l’IA », a laissé entendre Saloun Camara avant d’ajouter : «Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la distinction entre un fait et une opinion. Les outils présentés durant cette formation, aussi bien en théorie qu’en pratique, vont considérablement nous aider à mieux lutter contre la désinformation. Avec l’évolution rapide de l’intelligence artificielle, il devient indispensable d’être bien outillé. Je remercie sincèrement l’AGEMI pour cette initiative ».
À travers cette première session gratuite, l’Agence Guinéenne de l’Éducation aux Médias et à l’Information entend poursuivre ses actions de sensibilisation et de renforcement des capacités afin de promouvoir une information plus fiable, responsable et vérifiée en Guinée.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 www.gbaikandjamana.org
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