Une affaire présumée de vol aggravé impliquant plusieurs habitants de Koba, localité située à environ 15 kilomètres de la ville de Kankan, est actuellement suivie par les autorités judiciaires.
À l’origine de cette procédure, un citoyen de Koba, identifié comme Diakité, a porté plainte au commissariat central de Kankan pour des faits présumés de vol par effraction et de vol en réunion. Selon les éléments communiqués par le parquet, les faits se seraient produits la semaine dernière dans ladite localité.
Dans la soirée du lundi 10 août 2026, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a animé un point de presse au TPI pour apporter des précisions sur le déroulement de la procédure.

Selon le procureur, les officiers de police judiciaire, saisis de l’affaire, ont adressé des convocations à quatre personnes présentées comme présumées impliquées dans les faits.
« Les convocations sont arrivées à destination, précisément à Koba. Cependant, les personnes concernées ont refusé de comparaître devant les officiers de police judiciaire, pourtant habilités par les lois de la République », a expliqué le procureur.
Face à ce refus, le parquet a délivré une réquisition permettant aux forces de l’ordre de procéder à leur interpellation. Les agents se sont rendus à Koba et sont parvenus à interpeller l’une des quatre personnes recherchées, tandis que les trois autres n’ont pas pu être appréhendées.
Cette opération a par la suite provoqué des tensions dans la localité. Des jeunes auraient notamment barricadé la voie publique et empêché la circulation, en s’opposant à l’intervention des forces de l’ordre.
Face à cette situation, les autorités ont sollicité l’intervention de la gendarmerie ainsi que de la Brigade anti-criminalité. Plusieurs personnes ont alors été interpellées et conduites à la Brigade de recherche de Kankan.
Au total, 17 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette intervention. Elles étaient notamment soupçonnées de violences, de trouble à l’ordre public et d’outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions.
Toutefois, après vérification, le parquet a estimé qu’il n’existait pas de charges suffisantes contre 16 d’entre elles.
Le plaignant lui-même aurait indiqué aux enquêteurs que ces personnes étaient plutôt des témoins présents lors des événements liés à la barricade de la route et qu’elles ne s’étaient pas opposées aux forces de l’ordre.
« Puisqu’il n’y avait pas de soupçon contre ces personnes, et que la victime elle-même a déclaré qu’elles ne s’étaient pas opposées à la force publique, nous avons décidé, en vertu du principe de l’opportunité des poursuites, de les libérer », a indiqué Fodé Bintou Keïta.
Concernant la 17ᵉ personne interpellée, identifiée par le procureur comme Laye Condé, les enquêteurs auraient établi qu’elle avait effectivement participé aux actes d’opposition aux forces de l’ordre et à la barricade de la voie publique.
Le procureur a toutefois précisé que cette personne avait été blessée au doigt au cours des événements.
« L’un des doigts de M. Laye Condé était fracturé. Nous l’avons mis à la disposition de sa famille afin qu’il puisse recevoir les soins nécessaires, tout en nous assurant qu’il dispose de garanties suffisantes de représentation en justice pour répondre de ses actes au moment venu », a déclaré le procureur.
Sur le fond de l’affaire, le parquet poursuit la procédure concernant les faits présumés de vol aggravé.
D’après les éléments présentés par le procureur, le principal suspect aurait, avec d’autres personnes, forcé la porte du plaignant avant de sortir environ 150 matelas et de vandaliser plusieurs biens lui appartenant.
Des témoins auraient été entendus au cours de l’enquête préliminaire. Le parquet affirme également disposer de vidéos qui montreraient la présence de certains suspects sur les lieux.
« L’un des suspects a été identifié par le gardien des lieux et également formellement désigné par le propriétaire qui a porté plainte », a précisé le procureur.
Fodé Bintou Keïta a par ailleurs tenu à dissiper toute confusion entre cette procédure et les opérations menées par les autorités contre l’exploitation minière clandestine et l’utilisation de certaines machines.
Selon lui, les personnes poursuivies dans cette affaire le sont exclusivement sur la base des soupçons liés au vol des biens du plaignant.
« Ce n’est pas une procédure liée à l’exploitation illicite de l’environnement », a-t-il insisté, ajoutant que les instructions données aux forces de sécurité portent sur l’interpellation de toute personne contre laquelle existent des soupçons et sa mise à la disposition de la justice.
La procédure a été transmise au parquet de Kankan vendredi dernier. Après examen des éléments à charge et à décharge, le procureur indique avoir retenu des soupçons suffisants contre le principal mis en cause pour des faits présumés de vol aggravé.
Le dossier a ainsi été orienté en flagrant délit, afin que le prévenu puisse être jugé dans les délais prévus par le Code de procédure pénale.
Le procureur rappelle toutefois que les personnes concernées restent présumées innocentes jusqu’à une décision de justice définitive.
« Nous avons mis l’action publique en mouvement. Au moment venu, le tribunal tranchera entre la personne poursuivie et le ministère public, conformément à la loi », a conclu Fodé Bintou Keïta.
Les autres personnes convoquées dans le cadre de la procédure doivent, quant à elles, encore comparaître devant les autorités de police judiciaire.

Kankan, Lamarana Barry / Mariame Koulibaly, pour www.gbaikandjamana.org





