À Likida, un carrefour animé au cœur de Kankan, les jeunes se réinventent. Ici, ils sont nombreux, élèves, étudiants et diplômés sans emploi, à s’adonner à des métiers comme la réparation des téléphones, ordinateurs, radios ou chargeurs.

Une activité devenue bien plus qu’un simple gagne-pain : un véritable refuge face au chômage.

Notre rédaction s’est rendue sur les lieux pour s’enquérir des réalités de ce secteur qui attire chaque jour de nouveaux pratiquants.

Kaba Konaté, réparateur de téléphones, confie :« Nous réparons les téléphones, transférons des musiques, revendons des appareils… J’ai choisi ce métier pour ne pas passer mes journées dans l’oisiveté. Certains parmi nous ont fini les études, d’autres non, mais au moins on gagne quelque chose. Par jour, on peut avoir entre 100.000 et 500.000 FG. Ce que je conseille aux jeunes sans activité, c’est de venir apprendre un métier. Ici, on refuse seulement les voleurs. »

Pour Fodé Mory Diakité, diplômé universitaire, marié et père de cinq enfants, ce métier reste une planche de salut :
« J’ai commencé la réparation de téléphones depuis 2008, après l’université. Grâce à ce travail, je nourris ma famille. Les difficultés viennent souvent des pièces de rechange de mauvaise qualité, ce qui cause des malentendus avec les clients. Mais je répète à mes amis qu’il ne faut pas rester bras croisés après les études : il n’y a pas de sous-métier. »

Le témoignage de Mamadou Saliou Diallo, élève recalé au baccalauréat, illustre la détermination des jeunes :
« Pendant les vacances, je viens ici pour coller les téléphones et ordinateurs. Ça me permet de ne rien demander à mes parents. Chaque mois, nous payons une petite cotisation pour l’entretien de nos lieux de travail. Je conseille aux jeunes de se lancer : mieux vaut travailler que d’attendre tout des autres. »

Même des enseignants s’y mettent. Amara Camara, instituteur et jeune père, exerce également à Likida :
« J’ai appris ce métier parallèlement à mes études universitaires. Aujourd’hui, il me permet de subvenir aux besoins de ma famille. Nous avons besoin que les autorités nous accompagnent, car nous faisons ce travail honnêtement pour éviter de tomber dans des dérives comme le banditisme. »

À Likida, ces jeunes refusent de se laisser emporter par le chômage et l’oisiveté. Armés de courage et de débrouillardise, ils prouvent qu’il est possible de tracer son chemin malgré les obstacles. Leur message est clair : aucun métier n’est indigne, seule l’inaction est dangereuse.

Lamarana Barry & Souleymane Tata Bangoura
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