Le secteur du transport est fortement paralysé ce mardi dans la commune urbaine de Labé. À l’origine de cette situation, un mouvement de débrayage déclenché par les chauffeurs pour dénoncer les multiples tracasseries routières auxquelles ils disent être confrontés sur les différents axes.
Après l’arrêt des activités sur les lignes Labé-Sénégal et Labé-Gambie, le mouvement s’est progressivement étendu aux autres lignes de transport. À la gare routière centrale de Kouroula, l’ambiance est inhabituelle : chauffeurs, apprentis et passagers attendent une éventuelle issue à la situation.
Selon les transporteurs, les frais exigés au niveau de certains barrages routiers ont considérablement augmenté, rendant les voyages de plus en plus coûteux.
« Moi, je voyage sur la ligne Labé-Bamako, mais les tracasseries sont nombreuses. De Pita jusqu’en République du Mali, les frais sont multiples. Avant, nous donnions 5 000 GNF au niveau de chaque barrage, mais maintenant cela augmente parfois à 10 000, voire 20 000 GNF. En fonction des bagages, on peut même nous faire payer jusqu’à 40 000 GNF. Entre ici et Bamako, je dépense plus de 200 000 GNF en frais, aller-retour. »
Poursuivant son témoignage, Boubacar Diallo explique que les chauffeurs ont décidé de suspendre leurs activités afin d’attirer l’attention sur leurs difficultés.
« Aujourd’hui, tous les chauffeurs ont cessé leurs activités. Nous avons décidé de suspendre les voyages en attendant de trouver une issue favorable. Toutes les lignes sont fermées ce matin. Aucun chauffeur ne travaille. Certains sont dans l’attente et d’autres sont déjà rentrés chez eux », a-t-il déclaré.
Cette paralysie affecte directement les voyageurs. Parmi eux, Alpha Oumar, arrivé du Sénégal, devait se rendre à Kindia à la suite du décès de son épouse. Faute de véhicule, il se retrouve contraint de revoir son programme.
« Je suis arrivé à la gare routière depuis 6 heures du matin. Je dois aller à Kindia pour récupérer la valise de ma femme, décédée il y a quelques jours, mais on m’a dit qu’il n’y avait aucun véhicule. J’avais déjà payé mon ticket, mais on m’a finalement remboursé. Cela fait sept jours que je suis sur cette route et, jusqu’à présent, je n’arrive pas à atteindre ma destination. Je viens de Dakar et je souhaite simplement rejoindre Kindia », a-t-il expliqué.
En attendant une solution entre les autorités compétentes et les transporteurs, plusieurs voyageurs restent bloqués dans les différentes gares routières de Labé.
Si le mouvement se poursuit, cette situation pourrait davantage perturber la circulation des personnes et des biens sur les principaux axes reliant Labé aux autres villes du pays et aux pays voisins.

Le Gbaikandjamana Média
La Rédaction




