Le mouvement de grève déclenché par les transporteurs de Labé prend de l’ampleur en Moyenne-Guinée. Après l’arrêt des activités sur plusieurs lignes au départ de Labé, notamment celles en direction du Sénégal et de la Gambie, la contestation s’est étendue ce mardi à la ville de Pita.

En solidarité avec leurs collègues de Labé, plusieurs transporteurs de Pita ont cessé leurs activités. Selon des informations recueillies auprès d’une source locale, les mouvements de véhicules seraient fortement limités à l’entrée et à la sortie de la ville. Seuls certains véhicules, notamment ceux transportant des malades, des corps ainsi que les gros porteurs, seraient autorisés à circuler.
Toujours selon notre source, un barrage de fortune aurait été installé à l’entrée de Pita, à quelques mètres d’un hôtel bien connu de la ville.

Si aucune violence généralisée n’a été signalée pour l’heure, la situation reste tendue. Notre source rapporte que certains conducteurs qui auraient refusé de respecter le mot d’ordre de grève auraient vu les pneus de leurs véhicules crevés par des personnes présentes au niveau du barrage.

La situation est particulièrement difficile pour les voyageurs. Une passagère en provenance de Conakry, qui se rendait à Labé pour assister aux obsèques de sa mère décédée la veille, a lancé un appel à l’aide.
« Je quitte Conakry pour Labé afin de prendre part aux obsèques de ma mère. Mais depuis notre arrivée ici, ils refusent de nous laisser passer sous prétexte qu’ils sont en grève. J’ai plaidé pour qu’on nous laisse continuer notre route puisque je vais à un décès, mais malheureusement, ils ont même crevé les pneus du véhicule. Nous sollicitons l’aide des autorités pour trouver une solution. Depuis ce matin, je n’ai rien mangé », témoigne-t-elle.
Les transporteurs dénoncent depuis plusieurs mois ce qu’ils qualifient de tracasseries routières récurrentes et de difficultés qui affectent leurs conditions de travail. Ils réclament notamment des mesures concrètes pour améliorer la situation des conducteurs et mettre fin aux problèmes rencontrés sur les différents axes routiers.
En attendant une éventuelle intervention des autorités ou l’ouverture de négociations, cette mobilisation continue de perturber considérablement les déplacements dans la région.
Les usagers, pris entre le mouvement de grève et leurs impératifs de déplacement, sont désormais confrontés à une situation de plus en plus préoccupante.

Le Gbaikandjamana Média
La Rédaction




