La Coalition citoyenne pour les élections et la gouvernance (CoCEG) a organisé à Kankan un atelier de dialogue multi-acteurs consacré au renforcement du processus électoral en Guinée. La rencontre a réuni des représentants de la société civile, des médias, des partis politiques ainsi que des acteurs des institutions publiques autour de l’analyse des différents processus électoraux et des recommandations en faveur de réformes.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Gouvernance démocratique et analyse électorale en Guinée », mis en œuvre par la CoCEG avec l’appui financier de l’Union européenne à travers le Centre européen pour la démocratie. Le projet a notamment organisé des rencontres régionales à Labé et à N’Zérékoré afin de favoriser le dialogue autour des enseignements tirés des processus électoraux.
À Kankan, les participants ont notamment été invités à examiner les constats issus des rapports d’observation électorale et à discuter des recommandations susceptibles d’alimenter les réformes électorales et institutionnelles.

Prenant la parole au nom du coordinateur national de la CoCEG, Bangaly Sylla a expliqué que la rencontre de Kankan constituait une étape de dialogue avec les acteurs locaux.
Selon lui, le projet s’appuie sur un travail d’analyse réalisé à partir de plusieurs rapports d’observation électorale, de déclarations d’acteurs nationaux et internationaux ainsi que de recommandations formulées sur le processus électoral.
« La feuille de route comprend 56 recommandations consolidées, articulées autour de 10 réformes stratégiques en 3 phases », a-t-il expliqué.
Pour le représentant de la CoCEG, cette feuille de route n’est pas destinée à remplacer les rapports d’analyse existants. Elle doit plutôt servir d’outil d’orientation pour examiner, reformuler si nécessaire et harmoniser les recommandations déjà formulées.
La CoCEG avait auparavant organisé à Conakry une session destinée au renforcement des capacités d’acteurs de la société civile, de jeunes analystes et de professionnels des médias sur l’analyse électorale et la formulation de recommandations fondées sur des éléments documentés. Des activités similaires ont également été organisées dans d’autres régions dans le cadre du même projet.

À l’ouverture des travaux, le directeur préfectoral des élections de Kankan, Aboubacar Kourouma, a insisté sur l’importance de l’analyse des expériences électorales.
« Cet atelier vise à examiner les enseignements issus des missions d’observation électorale, à consolider leurs constats et à transformer leurs recommandations en pistes d’amélioration concrètes pour les prochains processus électoraux », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, le responsable de l’administration électorale a également évoqué les différentes étapes institutionnelles intervenues en 2026 et leur importance dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Il a appelé les participants à porter un regard critique et constructif sur le travail réalisé par la CoCEG et à formuler des contributions permettant d’améliorer les prochains processus électoraux.
« Je reste convaincu que la qualité de vos échanges, la pertinence de vos analyses et la profondeur de vos recommandations contribueront à renforcer la transparence, la confiance et l’efficacité de nos futures échéances électorales », a-t-il ajouté.

Pour Michel Yaradounoh, acteur de la société civile et participant à la rencontre, l’atelier a permis de mieux comprendre les réformes engagées dans le domaine électoral.
« Cette rencontre nous a permis de connaître beaucoup de choses sur les réformes en cours et engagées dans le processus électoral. Étant un acteur de la société civile, cette rencontre a une grande importance pour moi. Elle me permettra de mieux connaître comment un acteur de la société civile doit se comporter dans le processus d’organisation des élections dans notre pays », a-t-il expliqué.
Le participant a salué l’initiative et l’appui des partenaires, tout en plaidant pour la poursuite de ce type de rencontres.
« Je demande de ne pas se limiter à cette rencontre, mais de faire toujours ce genre d’activités, parce que c’est important pour nous », a-t-il ajouté.
À travers ces ateliers, la CoCEG entend favoriser l’appropriation des résultats des analyses électorales par les acteurs locaux et recueillir leurs contributions sur les réformes à envisager.
Le projet prévoit notamment la production de rapports régionaux ainsi qu’un rapport consolidé à partir des différents échanges. Les organisateurs souhaitent également renforcer la participation de la société civile, des jeunes et des médias aux discussions relatives au processus électoral.
La rencontre de Kankan intervient ainsi dans une période où les acteurs impliqués dans la gouvernance électorale sont appelés à tirer les enseignements des dernières échéances et à discuter des mécanismes susceptibles d’améliorer les futurs processus.
Financé par l’Union européenne, le projet « Gouvernance démocratique et analyse électorale en Guinée » vise, selon ses promoteurs, à renforcer la gouvernance démocratique à travers l’analyse électorale, le dialogue entre acteurs et la formulation de recommandations pour les réformes électorales et institutionnelles.

Mariame Koulibaly pour www.gbaikandjamana.org





