Des propriétaires de motos dénoncent des frais jugés excessifs, des difficultés à obtenir leurs cartes grises et des incohérences présumées dans la tarification des assurances au service DSD-Guinée, dans la commune urbaine de Siguiri. Plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction mettent en lumière des préoccupations qui méritent des éclaircissements de la part des responsables concernés.

Le mécontentement grandit chez certains usagers du service DSD-Guinée à Siguiri, chargé des formalités liées aux engins roulants. Entre les sommes importantes déboursées pour l’obtention des documents, les retards signalés dans la délivrance des cartes grises et les montants annoncés pour les assurances, des propriétaires de motos appellent les autorités compétentes à se pencher sur leur situation.
Selon les témoignages recueillis par notre rédaction, certains usagers affirment avoir payé des sommes comprises entre 1 350 000 et 1 450 000 francs guinéens pour les formalités de leurs motos, sans avoir reçu l’ensemble des documents attendus plusieurs semaines, voire plusieurs mois après le paiement.

Un premier usager, qui affirme avoir acheté sa première moto pendant le mois de Ramadan 2025, explique avoir engagé les démarches administratives depuis cette période. Pourtant, au moment de son témoignage, il dit ne toujours pas avoir reçu la carte grise de son engin.
« Quand je suis venu pour ma première moto, ils m’ont demandé 1 350 000 FG pour tous les documents. Jusqu’à présent, je n’ai pas reçu tous mes documents », déplore-t-il.
Le même usager affirme avoir acheté une deuxième moto il y a environ deux mois et avoir déboursé 1 350 000 FG pour les formalités. Là encore, il indique être toujours dans l’attente de sa carte grise et de son assurance.
Cette situation suscite son incompréhension, d’autant plus que, selon lui, les propriétaires d’engins rencontrent des difficultés lors de leurs déplacements entre les localités rurales et le centre urbain de Siguiri.
Il dénonce notamment les contrôles routiers auxquels sont confrontés les usagers qui ne disposent pas de tous leurs documents. Il affirme que certains d’entre eux doivent payer entre 50 000 et 100 000 FG lors de ces contrôles. Ces déclarations restent à vérifier auprès des services concernés.
Au-delà des retards administratifs, les montants annoncés pour les assurances constituent l’autre principale source de mécontentement.
Un autre usager, venu faire poser une plaque d’immatriculation sur sa moto, affirme avoir payé 1 450 000 FG. Selon son témoignage, l’assurance lui aurait été facturée à 400 000 FG.
Il explique toutefois avoir récemment renouvelé son contrat d’assurance pour seulement 400 000 FG, une différence qui soulève des interrogations sur les montants qui lui avaient été précédemment annoncés.
« Je suis venu mettre la plaque sur ma moto et j’ai payé 1 450 000 FG. On m’a dit que l’assurance coûtait 400 000 FG. Mais mon assurance est arrivée à expiration et je viens de la renouveler à 40 0000 FG », rapporte-t-il.
Cette comparaison constitue un élément de témoignage, mais les circonstances exactes des deux paiements, notamment la nature des garanties, la durée de couverture et les frais éventuellement inclus, doivent être vérifiées avant de conclure à une surfacturation.
Afin de compléter les témoignages des usagers, un reporter de Gbaikandjamana Média s’est présenté au service DSD-Guinée de la commune urbaine de Siguiri en se faisant passer pour un client souhaitant obtenir les documents de sa moto.
Au cours de cette démarche, un agent lui aurait annoncé un montant de 1 350 000 FG pour la plaque et les formalités, ainsi qu’un tarif de 300 000 FG pour l’assurance.
Or, selon les tarifs de référence communiqués à notre rédaction, l’assurance d’une moto de type 110 ou 125 devrait coûter environ 200 000 FG. Pour les motos de type 150 à 200, le montant indiqué ne devrait pas dépasser 245 000 FG.
Si ces montants correspondent bien aux tarifs officiels applicables, les sommes annoncées aux clients soulèvent des questions sur la transparence de la facturation et sur le détail des prestations réellement comprises dans les montants réclamés.
Il convient toutefois de préciser que notre rédaction n’a pas encore obtenu de document officiel permettant de confirmer l’ensemble de ces tarifs. Une vérification auprès des autorités compétentes demeure nécessaire pour établir les montants réglementaires en vigueur.
Les dénonciations ne se limitent pas aux motos. Selon les informations communiquées à notre rédaction, des propriétaires de voitures personnelles seraient également confrontés à des montants jugés excessifs pour leurs assurances.
Pour les véhicules de 7 à 10 chevaux fiscaux, le tarif de référence avancé par nos interlocuteurs ne devrait normalement pas dépasser 475 000 FG. Pourtant, certains clients se verraient annoncer des montants pouvant atteindre 650 000 FG à 700000fg.
Ces écarts présumés nécessitent des vérifications complémentaires, notamment à partir des barèmes officiels, des reçus de paiement et des contrats d’assurance délivrés aux clients.
Par ailleurs, le cas d’un propriétaire de moto TVS Star 125, communément appelée « Badabani », soulève une autre interrogation. Selon les informations recueillies, ce dernier aurait payé 400 000 FG pour le renouvellement de son assurance, alors que le tarif de référence communiqué à notre rédaction pour cette catégorie de moto serait de 200 000 FG.
Cette différence mérite également d’être éclaircie afin de déterminer si les deux montants concernent réellement la même prestation et la même durée de couverture.
Face à ces témoignages, les usagers interrogés appellent les autorités de l’État à examiner le fonctionnement du service SDS-Guinée à Siguiri, à clarifier les tarifs appliqués et à veiller au respect des règles en matière de délivrance des documents administratifs et d’assurance.
Ils souhaitent notamment que les frais exigés soient clairement affichés, que des reçus détaillés soient systématiquement remis aux clients et que les délais de délivrance des cartes grises soient mieux expliqués.
Pour les propriétaires concernés, l’objectif est simple : pouvoir obtenir leurs documents dans des délais raisonnables, payer des tarifs transparents et circuler sans être pénalisés par des retards administratifs qu’ils estiment ne pas maîtriser.
À ce stade, les faits rapportés reposent principalement sur des témoignages d’usagers et les constatations effectuées par notre reporter lors de sa démarche. Les accusations de surfacturation restent donc à établir sur la base de pièces justificatives et des tarifs officiels applicables.
Gbaikandjamana Média reste disponible pour recueillir la version des responsables du service DSD-Guinée à Siguiri ainsi que celle des autorités compétentes, afin de permettre à chaque partie de s’exprimer et d’éclairer l’opinion publique sur cette situation.

Siguiri Alseny Philip Denkè Condé, Mohamed Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Contact: 610313660




