Vue du ciel, Siguiri impressionne. Une ville immense, vivante, stratégique, au cœur de l’économie aurifère guinéenne. Mais derrière cette image se cache une réalité inquiétante : Siguiri souffre profondément. Elle souffre de l’insalubrité, du manque d’infrastructures modernes, de l’urbanisation désordonnée, de la poussière, de l’abandon progressif et d’un développement qui peine à suivre son importance économique.
Comment comprendre qu’une préfecture qui contribue autant à l’économie nationale continue de manquer de routes dignes, de systèmes efficaces d’assainissement, d’espaces verts, de voiries modernes et d’un véritable plan d’urbanisation ? À chaque saison sèche, la poussière envahit les quartiers et menace la santé des populations. Pendant l’hivernage, certaines zones deviennent difficilement praticables. Les citoyens vivent entre résignation et inquiétude.
Siguiri mérite mieux.
Cette ville ne doit pas seulement être regardée comme une zone d’exploitation minière. Elle doit être considérée comme un espace de vie pour des milliers de familles, de jeunes, de commerçants, d’élèves et de travailleurs qui rêvent d’un avenir meilleur. Une ville qui produit de la richesse doit aussi bénéficier du développement, de l’aménagement et du respect.
Le silence face à la souffrance de Siguiri devient dangereux. Car lorsqu’une ville grandit sans accompagnement, les conséquences touchent tout le monde : insécurité, maladies, chômage, anarchie urbaine, dégradation de l’environnement et perte de repères sociaux.
Les autorités locales et nationales doivent prendre la pleine mesure de l’urgence. Siguiri a besoin :
- de routes modernes et durables ;
- d’un vaste programme d’assainissement ;
- d’un plan sérieux d’urbanisation ;
- d’investissements dans la santé et l’éducation ;
- de politiques -environnementales fortes ;
- et surtout d’une vision claire pour son avenir.
Mais le combat ne concerne pas uniquement l’État. Les citoyens aussi ont une responsabilité collective.
Protéger la ville, éviter les dépôts anarchiques d’ordures, préserver les espaces publics et participer aux initiatives communautaires sont des devoirs citoyens essentiels.
Siguiri ne demande pas la charité.
Siguiri réclame simplement le droit de respirer, de se développer et de vivre dignement.
Si rien n’est fait maintenant, cette ville autrefois symbole d’espoir risque de devenir le reflet douloureux d’un développement mal maîtrisé.
Écoutons le cri de Siguiri avant qu’il ne soit trop tard.

Par Alseny Philip Denkè Condé Journaliste/ Hommes de Lettres




